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  le blog alain Barré

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Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain barré
Publié dans : #alain barré

Le christianisme s’est imposé lentement dans l’empire romain après la conversion de l’empereur Constantin, en 313. Il a fallu attendre le VIe siècle pour qu’il s’implante véritablement. A-t’il changé notablement la société romaine ? D’après Paul VEYNE, spécialiste de l’époque, le christianisme n’a que très peu changé les comportements des romains et encore moins les relations entre les riches et les pauvres ! le grand changement est ailleurs, le christianisme « a certainement contribué à développer l’intériorité – le dialogue avec soi-même – » Ce qui semble avoir touché les Romains (et l’empereur Constantin) dans le christianisme, c’est la relation personnelle qu’il instaure avec dieu. L’on « se trouve sous le regard d’un père aimant, qui s’intéresse à chacun personnellement ». C’est une très grosse différence avec les autres (nombreuses) religions qui étaient alors en concurrence avec le christianisme. Les autres religions proposent un ou des dieux plutôt impersonnels, qui vivent leur vie de leur côté et qui s’occupent, à vrai dire très peu des humains ! Le dieu des chrétiens, de ce point de vue, est révolutionnaire : il introduit l’intimité, la puissance inconnue jusqu’alors, d’une relation passionnelle avec la divinité. Voilà la vraie nouveauté ! La morale et la vie publique n’en sont pas véritablement changées : « tu ne tueras point » reste toujours « tu ne tueras point » mais ce n’est plus une loi humaine qui impose cette règle, c’est un principe divin qui ne souffre pas d’exception, d’où la lutte incessante, et mal comprise par les romains, des chrétiens contre les jeux du cirque !

 

 

Le monothéisme, le fait que les chrétiens n’adorent qu’un seul dieu, est-il important dans l’expansion du christianisme ? D’après Paul VEYNE, cela n’est pas si clair que cela pour les premiers chrétiens : entre le « verbe » selon st Jean, l’esprit-saint, et Jésus fils de Dieu et Dieu lui-même, il semble s’être fait un joyeux mélange dans l’esprit des gens que l’église a fini par régler en instaurant le mystère d’un dieu unique en trois personnes ! Les monothéistes purs et durs, (d’ailleurs en réaction contre les chrétiens) seront les musulmans : « dieu est dieu, il n’est de dieu que lui… » Une façon de dire que les chrétiens peuvent aller se rhabiller (comme me le disait un jeune musulman qui avait étudié dans une école coranique) avec leurs histoires de dieu en 3 personnes !

 

 

Le charisme de la personne du Christ a sans doute joué beaucoup dans le succès du christianisme qui est assez vite devenu la religion d’une élite plutôt intellectuelle. Dans le monde romain. Il était de bon ton, aujourd’hui on dirait « branché », de s’intéresser à la religion des chrétiens, c’est ce qui explique que l’empereur Constantin ait été touché. "Malgré le faible pourcentage de fidèles, cette nouveauté marginale posait un problème aux esprits par son originalité irréductible, par la conviction dont faisait preuve ses martyrs et par la conversion des lettrés connus ou célèbres : Tertullien, Origène. » En somme cela faisait bien d’être chrétien à l’époque de Constantin, comme cela faisait bien d’être communiste dans les années 45 à 60, avec le « parti des fusillés ». Une fois l’empereur converti, le peuple a suivi, par un effet d’entraînement. On fait comme le chef, comportement banal dans les groupes humains. Mais le christianisme ne se serait pas imposé s’il s’était heurté de front à l’ordre établi. L’intimité avec dieu, oui, très bien…mais il faut conserver aussi un certain aspect polythéiste : dieu en 3 personnes et, par la suite, le culte des saints ! « Il n’y a plus de riches ni de pauvres aux yeux de dieu » mais cela n’est valable seulement que dans le ciel, sur terre il ne faut pas toucher à l’ordre établi et saint Paul recommande bien à ses ouailles, s’ils sont esclaves d’obéir à leurs maîtres, aux femmes d’obéir à leurs maris et aux hommes d’obéir aux gouverneurs romains. En somme, c’est une religion tout à fait présentable pour un empereur romain ! L’originalité : un dieu intime, personnel est la seule nouveauté vraiment fondamentale qui introduit une rupture avec les cultes précédents. Elle justifie (en particulier pour l’empereur Constantin) le passage à la nouvelle religion et est à la source de son succès.

 

 

Paul VEYNE fait une autre remarque très intéressante : « Jusqu’au IVe siècle et au-delà, les textes chrétiens ignorent les souffrances de la passion, à 2 ou 3 brèves allusions près. Le Christ était alors, non le crucifié, mais le bon pasteur qui se soucie de chacune de ses brebis et le docteur qui enseigne la vérité. »

 

 

A ceux qui souhaiteraient que la constitution de l’Europe fasse référence au christianisme, Paul VEYNE répond : « Il me semble que l’Europe ne repose pas sur des fondements chrétiens et que le mot d’identité chrétienne n’est guère qu’un mot, auquel ne répondent que peu de conduites modernes. En revanche, notre sensibilité et notre philosophie doivent peut-être plus à Saint-Augustin et à la grande philosophie chrétienne médiévale qu’aux Grecs. »

 

 

 

 

Le texte de Paul VEYNE ne fait que quelques pages mais il est d’une très grande densité. Vous pouvez le trouver dans la revue « L’HISTOIRE », numéro spécial de octobre 2005. Ce numéro comporte également un formidable dossier sur « la colonisation en procès : esclavage et travail forcé, école, santé, le vrai bilan, la France face à son passé colonial ». Un numéro exceptionnel ! Vous pouvez le commander à la revue « l’histoire » pour 7,30 € : http://www.histoire.presse.fr/

 

 

Commenter cet article

grapheus tis 30/07/2006 08:43

Vains dieux !Tu as une "activité" pas possible à suivre : entre le christianisme, la colonisation, l\\\'amour, le christianisme et l\\\'équitation, où trouves-tu donc la fraîcheur à tant de penser ?

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