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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain barré
Publié dans : #Poèsie et chansons d'ici et d'ailleurs...

Nous deux nous tenant par la main

Nous nous croyons partout chez nous

Sous l'arbre doux sous le ciel noir

Sous les toits au coin du feu

Dans la rue vide en plein soleil

Dans les yeux vagues de la foule

Auprès des sages et des fous

Parmi les enfants et les grands

L'amour n'a rien de mystérieux

Nous sommes l'évidence même

Les amoureux se croient chez nous.

Nous deux nous tenant par la main (2+6)

Nous nous croyons partout chez nous (4+4)

Sous l'arbre doux sous le ciel noir (4+4)

Sous les toits au coin du feu (4+4)

Dans la rue vide en plein soleil (4+4)

Dans les yeux vagues de la foule (8)

Auprès des sages et des fous (8)

Parmi les enfants et les grands (8)

L'amour n'a rien de mystérieux (2+6)

Nous sommes l'évidence même (8 si l'on prononce tout, nécessité de traîner sur les « e » de « sommes » et « évidence »)

Les amoureux se croient chez nous. (4+4)

On voit donc dans ce poème une belle rythmique avec beaucoup de vers symétriques de deux fois quatre pieds ou huit. Ils s'enchaînent avec une régularité apaisante, comme des vagues qui se succèdent doucement sur la plage...

Les effets de répétition : nous...nous , sous...sous, dans...dans, renforcent cet effet rassurant, hypnotique (cela joue en réalité sur le fonctionnement cognitif de notre mémoire, bien équipée pour repérer les structures répétitives). Les oppositions à l'intérieur des vers: « sages...fous », « enfants...grands » et les oppositions entre les vers : « sous les toits...dans la rue » jouent un rôle identique (y compris pour le fonctionnement cognitif de la mémoire, bien équipée pour repérer les contrastes).

 Un chef d'oeuvre qui a bercé les amours de millions d'adolescents et qui, pour les autres, est un véritable élixir de jeunesse !

 

Merci Mr ELUARD (Paul de son prénom), né en 1895 et mort en 1952. Si vous passez par le petit village de Beynac en Dordogne, continuez le chemin après le célèbre château et allez voir la maison où le poète a écrit sa dernière oeuvre : « poèsie ininterrompue ». Elle domine l'un des plus beaux paysages de France.

la Maison de paul ELUARD est située en haut du village, après le château. La photo ci-contre représente le village lui-même.

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alain BARRE 18/10/2010 10:45



Paul Eluard : une poésie qui coule naturellement. Elle semble simple, mais elle est, en réalité, d'une construction assez sophistiquée.


ab



Aralf 17/10/2010 21:50



Magnifique évocation de ce très grand poète dont je suis "fan" (je n'aime pas trop ce mot, mais bon... ). Et l'analyse du poème présentée et limpide et passionnante ! Merci...


Aralf


http://les-jardins-d-aralf.over-blog.fr/



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