Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !
23 Avril 2010
Que reste-t-il aujourd'hui des grandes idées de Freud ?
3- L’interprétation des rêves, les associations d’idées dans la cure psychanalytique. Pour Freud, le rêve serait « la voie royale vers l’inconscient ». L’interprétation psychanalytique permettrait de dévoiler le sens caché de ce que nous avons refoulé dans notre inconscient et qui continuerait de s’y manifester sous forme de divers travestissements. Non, répondent les chercheurs modernes, à la suite de Louis JOUVET (université de Lyon) le rêve sert surtout à « améliorer notre capacité à apprendre, à mémoriser et à gérer nos émotions. » Cette répétition n'est pas passive, le rêve semble essayer de résoudre à sa façon, en rassemblant des images éparses et souvent en exagérant les effets, les problèmes qui nous préoccupent dans la journée.
Un chercheur finlandais émet une hypothèse complémentaire qui permet de comprendre pourquoi tant de rêves ont une fin malheureuse. Pour lui le rêve est un « système de simulation qui sert à nous apprendre à survivre, pour nous entraîner à réagir aux situations dangereuses du quotidien. » http://www.sciencesetavenir.fr/magazine/dossier/094827/le-cerveau-a-l-ecole-de-la-nuit.html
Les associations d’idée ne sont pas abandonnées par les thérapeutes modernes mais ils ne les laissent pas surgir miraculeusement au cours d’une « attention flottante ». Au contraire, ils demandent aux patients de noter systématiquement (pendant la cure et en dehors de la cure) leurs émotions négatives, le contexte dans lequel elles se sont produites et les pensées automatiques qui y sont associées. Ensuite, il faudra apprendre à assouplir ces automatismes qui se présentent sous forme de distorsion de la réalité et qui sont toujours négatifs.
Alors faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain et rejeter complètement la psychanalyse ? Non, malgré les erreurs et les manipulations nombreuses de son fondateur, Freud, la cure psychanalytique semble avoir son intérêt dans certains cas. Il en va des diverses façons d'exercer la psychothérapie comme pour la pédagogie : La personnalité du pédagogue ou du psychothérapeute est aussi importante que sa méthode et certains psychanalystes sont, avant d'être des adeptes de Freud, de bons thérapeutes ! Toutefois, personne ne niera qu'il est préférable d'avoir un bon thérapeute avec une bonne méthode !
La psychologie est une discipline encore jeune, elle hésite encore entre science, littérature et philosophie. Freud a essayé de s’inspirer de la science de son époque mais il s'est appuyé essentiellement sur l'introspection et son histoire personnelle. Les psychanalystes qui l’ont suivi n'ont pas eu, non plus, le souci de l'expérimentation scientifique au point que pour être psychanalyste en France il n’est point besoin de diplômes, il suffit d’avoir suivi une cure dite « didactique » avec un autre psychanalyste. Cela explique que les dérives soient possibles. J’en ai vu une se dérouler sous mes yeux, dans une institution où j’ai travaillé à Nantes autrefois : la fondation Pi (Centre Psychothérapique Nantais). Le psychanalyste, adepte de Lacan et de Bettelheim, eut une première fois maille à partir avec la justice nantaise pour des affaires financières et, récemment pour des affaires de mœurs. Affaire en cours : http://www.ladepeche.fr/article/2010/01/25/762147-Le-psy-du-chateau-devant-les-juges.html
Cet ouvrage de ONFRAY « Le crépuscule d’une idole, l’affabulation freudienne » s’ajoutant à l’excellent ouvrage collectif « Le livre noir de la psychanalyse » contribue à démystifier la pratique quasi religieuse de la psychanalyse. En cela ce livre est non seulement utile mais nécessaire et il en faudra sûrement encore d'autres sur le même sujet !
Biblio : - Michel ONFRAY : Le crépuscule d’une idole, l’affabulation freudienne, Grasset, fin avril 2010, 22 €
Le livre noir de la psychanalyse, vivre, penser et aller mieux sans Freud, éditions 10/18, collectif, 13 €
Jared DIAMOND, Pourquoi l’amour est un plaisir, Gallimard, réédition en poche à 7,32