Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !
1 Février 2011
Après son échec aux élections présidentielles de 1920, CLEMENCEAU se réfugie dans une petite chaumière au bord de la mer, en Vendée. Il rêve d’y construire un jardin comme celui de son ami MONET. Le terrain est bien mauvais fait de sable impropre à la culture. Rien n’arrête le « Père la victoire ». Il en a vu d’autres et ce n'est pas de creuser quelques tranchées de plus qui lui fait peur ! Au bout de 3 ans d’amendements obstinés, miracle, des fleurs commencent à pousser !...
CLEMENCEAU à hâte de faire partager son enthousiasme de jardinier débutant à cet autre grand amateur de jardin qu’est MONET. Il lui envoie lettre sur lettre pour l’inviter, mais il n’est pas facile de faire bouger MONET. Il n’a plus quitté Giverny depuis sa grande campagne de peinture à Venise et ce n’est qu’en 1921 qu’il cède aux insistants arguments de son ami. Celui-ci lui écrit avec humour :
« La mer ici m’enchante. Je tâcherai de vous faire partager mes joies. Je ne serais pas surpris que vous gagniez ici le goût de la peinture. Il y a des bleus et des verts sur la palette du ciel et de la mer. On en ferait des tableaux. Arrivez bien vite… »
Et MONET arrive. Il reste du 4 au 11 octobre dans la chaumière de CLEMENCEAU. Les deux amis passent leur temps à regarder la mer, à discuter de bulbes, de plants, d’amendements….CLEMENCEAU s’enquiert de l’avancement de l’immense tableau des nymphéas auquel s'est attelé MONET. Il fait goûter les plats locaux à son ami…. Le bonheur, le bonheur tout simplement !
MONET s’en retourne dans son jardin de Giverny plein d’énergie et CLEMENCEAU se remet avec ardeur à sa table de travail.
La mort emportera MONET 5 ans plus tard, en 1926. CLEMENCEAU lui survivra encore 3 ans. Il décèdera le 24 novembre 1929. On trouvera, à côté de lui, sur sa table de chevet, le livre de René Grousset « Sur les traces de bouddha ».
Il est loin ce temps où CLEMENCEAU bataillait sur tous les fronts et se battait en duel pour un oui pour un non.

Adieu le tigre, que la paix soit avec toi !