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Le deuxième tableau demandé à Caravage pour la chapelle Contarelli est le Martyre de saint Matthieu. Il est toujours
intéressant de savoir le contenu de la commande passée à un artiste, le voici :
« …Une grande pièce semblable à un temple où, en haut, isolé par trois ou cinq marches, se tient un
autel devant lequel Matthieu, en train de célébrer la messe dans des vêtements qui restent à définir, est assassiné de la main d’un soldat; il serait probablement plus ingénieux de le
représenter au moment du meurtre, par exemple alors qu’il est déjà blessé et tombé ou juste en train de chuter, mais n’est pas encore mort ; et, dans le temple cité, il conviendrait de
dépeindre une foule d’hommes et de femmes, des jeunes, des vieux, des enfants de toutes sortes, la plupart priant et vêtus selon leur état, avec des bancs et des tapis et tout autre mobilier,
la plupart horrifiés par l’évènement et exprimant pour certains le mépris, pour d’autres la compassion. »
Le problème posé à Caravage est énorme car il s’agit pour lui de son premier « tableau d’histoire » ce
qui suppose l’agencement de nombreux personnages.
La dimension du tableau également est énorme : un carré de près de 3,50m !
Il tâtonne et les repentirs sont nombreux et difficile à interpréter
Finalement il choisit d’organiser son tableau d’une façon rayonnante autour du saint couché à terre et de son
meurtrier.
Caravage s’est peint lui-même dans ce tableau, signant ainsi son œuvre par sa propre présence
(pas de signature écrite), imitant en cela son illustre prédécesseur, Raphaël dans l’école d’Athènes