

Pendant cet échange hypnotique de regards, la gitane qui tient avec une extrême délicatesse le poignet du soldat, subtilise son anneau en le faisant glisser avec son majeur, pendant que les autres doigts caressent la main pour faire distraction.

L’amour, la tromperie, la séduction, la fatuité prise au piège, tous les éléments de l’imaginaire autour des gitans sont réunis dans cette petite scène de genre où les personnages deviennent le prétexte à une réflexion psychologique sur l’homme.
De nombreux artistes reprendront le thème en s’inspirant de Caravage (Simon VOUET par exemple) mais Caravage est le seul à dépasser l’anecdote pour en faire une scène d’une portée universelle.
Caravage lui-même fera une copie de son tableau en 1595. Les personnages sont plus grands et leurs expressions sont moins subtiles. Le premier est un chef d’œuvre qui nous parle encore aujourd’hui, le second est une scène de genre réussie.

J’ai refait cette scène avec les élèves de l’atelier théâtre de la Communauté de communes de Pornic, chacun essayant d’exprimer, avec talent ,les sentiments des deux protagonistes. En voici deux photos (sur les nombreuses photos réalisées avec 13 couples délèves).

