Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !
11 Novembre 2021
Fernand a d'abord fait son service militaire en 1905. On le voit qui pose ici, fièrement, lors de ses 21 ans, à Paris.
Il a 30 ans quand la guerre se déclenche. Il en sort vivant 4 ans après...
Ces objets sont toujours restés dans la famille comme témoigange de cette terrible épreuve.
Le casque avec son rembourrage intérieur en cuir pour adoucir les frottements.
La timbale ou quart en métal étamé...
Et la gourde. Remarquez le trou sur une face et sur le fond. Il a été occasionné par une balle qui l'a traversée. Fernand était allongé, en train de ramper sans doute, la balle l'a épargné, mais pas sa gourde !
La gourde est entourée de tissus bleus, de la couleur de l'uniforme, pour éviter le bruit de tout cet attirail qui brinqueballait sur le dos de ces pauvres poilus.
Heureux Fernand qui en est revenu ! Mon grand-père paternel en est revenu lui aussi. Quand je lui ai demandé :
- Comment c'était à Verdun, grand-père ?
Il est resté un long moment sans rien dire en tisonnant les ombres, puis il m'a répondu :
- Mon pauvre Alain, Si tu savais comment ils traitaient les chevaux !....
C'était peu, une pudeur de paysan qui ne ne veut pas parler de sa propre souffrance et qui la projette sur l'animal qui a le plus d'importance pour lui, son fidèle compagnon de travail, le cheval. C'était peu mais cela voulait dire beaucoup !...