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  le blog alain Barré

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Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Articles avec #caravage - genie imparfait catégorie

Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
Le troisième tableau de la chapelle Contarelli, la vocation de saint Matthieu, est le mieux réussi.
Caravage semble avoir été plus libre de sa composition.
 Il fait appel à ce qui est sa technique spécifique, le clair-obscur avec un rayon lumineux qui éclaire les éléments essentiels, laissant dans l’ombre un arrière-plan indifférencié.
1600-vocation-saint-matthieu2.jpg
Le Christ et l’apôtre Pierre vêtus à l’antique, entrent dans la boutique. Jésus désigne le publicain Lévi (percepteur des impôts) par un geste de la main, demi-ouverte, emprunté à la création d’Adam du plafond de la chapelle Sixtine de Michel-Ange.
Le geste est celui d’Adam (la main à gauche) et non pas de Dieu !
michel-ange-creation-adam-detail-copie-1.jpg
L’apôtre Pierre, double le geste de son maître. Ni l’un ni l’autre n’ont un geste impératif car c’est la grâce divine, symbolisée par le rayon de lumière, qui agit ! Certains font une interprétation psychanalytique et homosexuelle de cette scène qui serait une allusion à une scène de drague. Il me semble qu'ils sont dans l'erreur. Il arrive que lorsque l'on tient un marteau en main tout devient clou !
1600-vocation-saint-matthieu3.jpg
Le percepteur d’impôts, ses clients et ses employés, contrairement à Jésus et à Pierre, sont vêtus selon la mode du XVIIe siècle. Ces mélanges audacieux de genre sont une caractéristique de Caravage tout à sa passion d'impliquer le spectateur, le plus intensément possible,  dans son tableau.

Le percepteur semble étonné et tourne l’index vers sa poitrine comme pour demander confirmation.
1600-vocation-saint-matthieu-detail2.jpg
Les deux premiers personnages manifestent, eux-aussi, leur surprise ce qui n’est pas le cas de l’employé qui compte l’argent et du client et qui restent tous deux absorbés dans leurs comptes.
Le tableau remporte un vif succès. Caravage apporte la preuve éclatante (et controversée) que l’on peut resituer une scène biblique dans la vie contemporaine !

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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
Le deuxième tableau demandé à Caravage pour la chapelle Contarelli est le Martyre de saint Matthieu. Il est toujours intéressant de savoir le contenu de la commande passée à un artiste, le voici :
 « …Une grande pièce semblable à un temple où, en haut, isolé par trois ou cinq marches, se tient un autel devant lequel Matthieu, en train de célébrer la messe dans des vêtements qui restent à définir, est assassiné de la main d’un soldat; il serait probablement plus ingénieux de le représenter au moment du meurtre, par exemple alors qu’il est déjà blessé et tombé ou juste en train de chuter, mais n’est pas encore mort ; et, dans le temple cité, il conviendrait de dépeindre une foule d’hommes et de femmes, des jeunes, des vieux, des enfants de toutes sortes, la plupart priant et vêtus selon leur état, avec des bancs et des tapis et tout autre mobilier, la plupart horrifiés par l’évènement et exprimant pour certains le mépris, pour d’autres la compassion. »
1600-Martyre-de-St-Mathieu2.jpg
Le problème posé à Caravage est énorme car il s’agit pour lui de son premier « tableau d’histoire » ce qui suppose l’agencement de nombreux personnages.
La dimension du tableau également est énorme : un carré de près de 3,50m !
Il tâtonne et les repentirs sont nombreux et difficile à interpréter
1600-Martyre-de-St-Mathieu3.jpg
Finalement il choisit d’organiser son tableau d’une façon rayonnante autour du saint couché à terre et de son meurtrier.
Caravage s’est peint lui-même dans ce tableau, signant ainsi son œuvre par sa propre présence (pas de signature écrite), imitant en cela son illustre prédécesseur, Raphaël dans l’école d’Athènes
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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
1599-1606 ENFIN, LA GLOIRE !
Auprès du cardinal del Monte, Caravage perfectionna d’une façon décisive son métier de peintre ! Il participa aux discussions intellectuelles de son époque, se passionna pour la sculpture antique, les illustrations scientifiques, l’optique, la géométrie, l’alchimie. Il put se rendre compte également de la façon dont vivait la noblesse ce qui renforça, sans doute, son aspiration à en faire partie.
Del Monte allait lui faire un dernier et somptueux cadeau en lui donnant l’occasion de faire la preuve de son talent en peignant 3 épisodes de la vie de saint Matthieu pour la chapelle Contarelli de l’église Saint-Louis-des-Français.
 A cette époque, on n'était un grand peintre à Rome que si l’on peignait des tableaux religieux pour des églises prestigieuses et encore plus s‘il s’agissait de »tableaux d’autels » !
La commande, telle qu'elle figure dans le contrat, consistait en « un saint Matthieu assis avec un livre, qui écrit ou qui veut écrire, à côté un ange debout, plus grand que nature, qui discute avec lui ou fait quelque chose de semblable ».
1599-matthieu-ange-V1.jpg
Pour la position de saint Matthieu, il s’inspire de Raphaël et d’un peintre lombard, Figino. Le croisement des jambes provoque un débordement du pied qui sort du plan du tableau et introduit une communication avec le spectateur. L’ange qui se déhanche avec une grâce enfantine est inspiré d’un tableau du cavalier d’Arpin (chez qui Caravage avait travaillé). A ces trois sources d’inspiration, il ajoute une touche personnelle de culture classique : la tête de saint Matthieu évoque celle de Socrate, considéré comme un philosophe préchrétien. L’ange l’aide à écrire car ni Socrate ni saint Matthieu ne savent le faire. Ce dernier détail a peut-être été à l’origine du refus du tableau car il laisse supposer que le libre arbitre du saint (thèse catholique) était supplanté par une grâce infuse (thèse protestante).
Ce tableau a été détruit en 1945 lors de la chute de Berlin.
La deuxième version de saint Matthieu et l’ange est plus conforme aux exigences de la contre-réforme. Le saint n’est plus guidé par l’ange pour écrire, il écrit lui-même !
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Cette version est intéressante mais elle est aussi beaucoup plus conventionnelle. Plus de scène intime rapprochant un grand-père et son petit fils, plus d’allusions érudites, l’ange fait seulement « le geste typique de l’énumération rhétorique, allusion à la généalogie du Christ qui inaugure l’Evangile selon saint Matthieu ».
Caravage essaie tout de même d’établir le contact avec le spectateur et de suggérer l'émotion et la surprise du saint en faisant déborder le livre de la table et en posant le tabouret en équilibre instable, mais on le sent bridé dans sa démonstration.
Moralité : quand les théologiens se mêlent de censurer les artistes, il n’en sort pas grand chose de bon !

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Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
Judith et Holopherne, 1598-99, Rome, galerie nationale d’art antique, palais Barberini 
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Pour sauver sa ville assiégée par le général Holopherne, Judith, une jeune, riche et belle veuve juive, se rend dans le camp adverse, séduit et enivre son chef qu’elle décapite pendant son sommeil.
Comme souvent, Caravage fait de nombreuses références classiques :
- La torsion du buste d’Holopherne, s’inspire du Laocoon --40-Laocoon-et-ses-fils.jpg
- Judith rappelle les amazones antiques
- et la vieille femme, une vieille républicaine romaine caricaturée à la manière de L de Vinci.
Le visage de Judith exprime, en même temps, du dégoût pour ce qu’elle fait et de la détermination.
Le contraste entre le beauté de la jeune veuve (même modèle que pour sainte Catherine) et la laideur de la servante est en accord avec les théories sur l’art préconisant les contrastes et les oppositions inattendus (les surréalistes retiendront la leçon).
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 Rien de réaliste dans la façon dont la gorge est tranchée et dont le sang gicle, mais les spectateurs pouvaient se glisser dans la peau des personnages tant leurs expression sont bien choisies et vivantes. L’art de Caravage consiste beaucoup dans la perception du moment clé de l’action et dans son rendu le plus expressif possible.
1599-judith-et-holopherne-detail.JPG
La scène est cruelle et l’on a souvent affirmé qu’elle était l’expression d’une personnalité anormalement violente et même sadique chez Caravage.
Il faut relativiser et savoir qu’à cette époque de la contre-réforme les « représentations d’actes de cruauté passaient pour un excellent moyen d’inciter à la piété et à l’édification » et les murs des églises abondaient en scènes horribles.
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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
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Le sacrifice d’Isaac,1597-98, Florence, Offices
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Abraham, le père d’Isaac se soumet à la volonté cruelle de dieu, mais Isaac qui ne voit pas le bélier (symbole du christ) qui va prendre sa place semble se révolter.
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Caravage s’immisce, par ce tableau, dans un débat acharné qui opposait les catholiques romains de la contre-réforme aux protestants de Luther et de Calvin. La représentation d’un Isaac révolté contre son sort, inhabituelle à l’époque, ne peut être une décision du seul peintre. Il est probable qu’elle résulte de discussions approfondies avec son commanditaire, un dignitaire de l’Eglise.
En arrière plan, on découvre un paysage, fait très rare chez Caravage !
Le modèle qui a servi pour Abraham, reviendra dans plusieurs autres tabeaux avec quelques variantes.

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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
"Catherine serait née vers  290 dans une famille noble d' Alexandrie, en  Égypte. Dotée d'une grande intelligence, elle acquit rapidement des connaissances qui la placèrent au niveau des plus grands poètes et philosophes du moment. Une nuit, elle vit en songe le  Christ et décida de lui consacrer sa vie, se considérant comme sa fiancée. Le thème du  mariage mystique est commun dans l'Est méditerranéen.
Le paragraphe suivant décrit la fin de Catherine telle que rapportée par l'hagiographie chrétienne : L'empereur de Rome,  Maximien, venu à Alexandrie, y présidait une grande fête païenne. La jeune fille saisit cette occasion pour tenter de l'amener à se convertir au christianisme, mais cela ne fit que soulever sa colère. Pour la mettre à l'épreuve, il lui impose un débat philosophique avec cinquante savants, mais au grand dépit de l'empereur, elle réussit à les convertir. Maximien les fait exécuter et pourtant propose le  mariage à Catherine qui refuse avec mépris. L'empereur ordonne alors de la faire torturer en usant d'une machine constituée de roues garnies de pointes. Par un miracle divin, les roues se brisent sur son corps, et les pointes aveuglent les bourreaux. Obstiné, Maximien ordonne alors qu'elle soit décapitée." (source wikipedia)
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Caravage a utilisé le même modèle pour Marie-Madeleine, Sainte Catherine et Judith, sans doute une courtisane dont le portrait a été stylisé avec des variantes. (Pour la petite histoire, cette dame a été, pendant un temps, la maîtresse de l’homme que Caravage tuera lors d’un duel en 1606). L’Eglise interdisait de donner aux saints les traits de personnages reconnaissables, surtout pour les tableaux d’autels, il est fort possible que les traits aient été typés !
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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
La fréquentation du cardinal del Monte et de son cercle d’amis savants et raffinés permet à Caravage de s’introduire auprès des grands mécènes romains. On lui passe commande de ses premières œuvres religieuses. Il ne s’agit pas encore de tableaux d’autels, de loin les plus prestigieux et pour lesquels tous les artistes de Rome sont prêts à se battre mais de représentations de saints ou de saintes, à usage privé, pour des prélats ou de riches bourgeois. En font partie des tableaux qui datent de 1597-98-99
- Marthe et Marie-Madeleine
- Sainte-Catherine
- le sacrifice d’Isaac
- Judith et Holopherne
1598-marthe-madeleine.jpg
Pendant que Marthe essaie de convaincre Marie-Madeleine (geste de ses mains), celle-ci désigne, sur le miroir convexe, « la lumière divine qui a fait fondre la glace de son âme ».
Elle tient sur sa poitrine la fleur d’orangée qui symbolise son mariage mystique avec le Christ.
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(détail de Marthe et Marie-Madeleine, 1597-98)

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Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
Tête de méduse, 1596
Ovide raconte dans ses Métamorphoses que Persée réussit à décapiter Méduse, l’une des Gorgones, que l’on ne peut regarder sans rester pétrifier sur place ! Pendant que Méduse se reflète dans le bouclier de Persée, celui-ci « sépare sa tête de son cou… ».
Le pouvoir magique que l’on prête à la tête de méduse explique qu’elle figure souvent, au XVIe siècle sur les boucliers de parade ou de tournoi, cela justifie également le choix, fait par Caravage, d’un panneau en forme de bouclier pour la peindre. C’est également pour ce dernier l’occasion d’une démonstration de sa virtuosité. Pour cela il s’est peint lui-même dans un miroir bombé, déformant ainsi sa propre image.
Le cardinal Del Monte passe commande de ce tableau à Caravage pour en faire cadeau à son ami Ferdinand de Médicis qui a déjà dans sa collection une tête de méduse réalisée par Léonard de Vinci. Caravage doit ainsi se confronter à la peinture de ce grand maître. Sa tête de Méduse est un succès et unanimement louée par les poètes de son temps ! (Elle est également l’un des tableaux préférés de jacques Attali qui en fait une présentation dans son ouvrage « Phares ».)
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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
Le cardinal del Monte est un « honnête homme » doté d’une vaste culture non seulement pour ce qui est de la peinture mais aussi pour la musique. Il n’est pas étonnant que Caravage ait réalisé pour lui plusieurs scènes musicales., dont « le concert » et « la tête de Méduse »
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Le concert est encore un tableau de « demi-figures » suivant la mode lombarde. Caravage s’essaie, comme dans la diseuse de bonne aventure, d’abolir la distance entre les personnages et les spectateurs. La scène est à la fois allégorique et réaliste. La musique est un remède contre la mélancolie tout comme l’amour (le cupidon ailé et ses flèches), les raisins et le vin. La musique comme l’amour symbolise l’harmonie et la concorde, harmonie incarnée par le musicien qui accorde son luth au premier plan.
 
Mais ce tableau représente aussi une scène vivante : l’instant qui précède l’entrée sur scène avant la représentation, instant pendant lequel les musiciens accordent leur instrument, adoucissent  leur gorge (raisin) ou se concentrent (regard dans le vide, au-dessus des spectateurs du musicien, dans le fond, qui laisse pressentir un certain trac).
Il est fort probable que le musicien représenté en arrière-plan, soit Caravage lui-même, bien que tous les portraits soient stylisés à l’antique.

Du fait de la présence de ces musiciens efféminés, certains voient la preuve dans ce tableau de l’homosexualité de Caravage et même de celle du cardinal del Monte. Rien n’est moins sûr et cela n’a même pas effleuré l’esprit, en son temps, des biographes les moins bien intentionnés envers Caravage. Une interprétation homosexuelle du concert irait à l’encontre de l’interprétation allégorique et réaliste qui cadre parfaitement avec l’époque ! 

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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
1595 : Caravage commence à se faire remarquer mais il ne connaît toujours pas la gloire à laquelle il aspire ! Son destin va prendre une nouvelle orientation quand il est accueilli chez le puissant cardinal Del Monte, ambassadeur du grand duc de Toscane et partisan d’un rapprochement entre la France et la papauté. Il doit sans doute cet honneur à la recommandation de Frédéric Borromée (cousin de Saint Charles Borromée artisan de la contre-réforme), parent de Costanza, la marquise de Caravaggio, mais aussi à un marchand de tableaux français dont la galerie est située prés de l’église Saint-Louis-des-Français.
Le prélat est un grand amateur d’art. Tout de suite il apprécie le talent de ce jeune artiste et il lui commande une fresque pour le plafond de sa maison de campagne près de Rome.
Caravage peint une fresque à l’huile (même technique que L de Vinci pour la Cène) sur un thème antique, représentant les corps dans une perspective en raccourci, du bas vers le haut, extrêmement complexe à réaliser.
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Jupiter, Neptune et Pluton, fresque de CARAVAGE pour le cabinet del Monte, villa
Boncompagni Ludovisi (autrefois villa del Monte), 1597
1597-fresque-cabinet-del-Monte02.jpg
(Détail de la fresque Jupiter, Neptune et Pluton)
1597-fresque-cabinet-del-Monte03.jpg
(Détail de la fresque Jupiter, Neptune et Pluton)
Il est possible que Dali, esprit baroque et grand connaisseur de la peinture italienne, se soit inspiré de la fresque de CARAVAGE pour celle du Théâtre-musée de FIGUERES ? 
dali-figueres.JPG

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