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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
CARAVAGE est en fuite après avoir tué un homme en duel. Il craint pour sa vie autant du fait de la condamnation à mort qui pèse sur lui que par peur de la vengeance du frère de sa victime qui lui a déjà infligé une blessure grave ! Il décide d'envoyer un DAVID et GOLIATH au neveu du pape pour obtenir sa grâce...

Le thème du petit berger David qui arrive à tuer avec sa fronde l’orgueilleux géant Goliath, le décapite et offre la tête à son roi, Saül, est un thème fréquemment traité au 16e et 17e siècle.
Giuseppe CESARI (dit le cavalier d’Arpin dans l’atelier duquel Caravage a travaillé en 1593-94) en a fait, en 1598, un tableau apprécié.
1598-giuseppe-Cesari-david.jpg
Caravage s’attaque à ce sujet dès 1599. D’emblée il impose son
style beaucoup plus direct, puissant et réaliste face au maniérisme de Cesari.
 La tête de Goliath est bien mise en évidence, dans la lumière alors que celle de David reste plus ou moins dans l’ombre.
 Le corps du petit berger est éclairé et mis en valeur mais pas son visage, ce qui souligne qu’il n’est que l’instrument de dieu. 
1599V1-david-et-goliath-copie-1.jpg
Caravage a peint une deuxième version avec un David vu en contreplongée à l’allure plus triomphante, l’épée sur l’épaule, le regard tourné vers le roi Saül que l’on ne voit pas, et toujours tenant à la main la tête sanguinolente du géant Goliath. Contrairement aux représentations d’autres peintres, la tête du « géant » n’a rien de démesuré. Elle a une taille normale. 
1601V2-david-et-goliath.jpg
La troisième version a été réalisée dans un contexte bien différent. Le 28 mai 1606 Rome est en effervescence. On fête le premier anniversaire du couronnement du pape Camille Borghèse, intronisé sous le nom de Paul V, les factions pro espagnoles et pro françaises s’affrontent parfois avec violence.
Caravage participe à un tel affrontement et tue le chef de la bande adverse (d’autres motifs sont peut-être en jeu : dette de jeu ?).
Il est lui-même sérieusement blessé. Le cardinal Scipione Borghèse, neveu du pape, le fait condamner à mort.
 Scipione Borghèse, neveu du pape est un personnage cynique mais c’est aussi un grand collectionneur d’art et il apprécie particulièrement les tableaux de CARAVAGE (il est le créateur de la villa et de la galerie Borghèse, à Rome). Il voit le profit que la situation pourrait lui apporter.
Il lui laisse le temps de s’échapper et de se réfugier sur les terres de ses protecteurs, les Colonna.
 Parallèlement, afin de faire de Caravage son débiteur, il laisse courir le bruit qu’une grâce lui serait rapidement accordée par le pape. Naïvement, Caravage tombe dans le piège et, autant par sincère contrition que pour remercier celui qu’il croit être son allié et bienfaiteur, il peint, pour le cardinal, une troisième version de son David et Goliath - très différente dans son état d’esprit - dans laquelle il se représente en Goliath vaincu et humilié, la tête tranchée et sanguinolente.
1606-david-et-goliath-detail.jpg
David, contrairement à la version précédente, n’est pas triomphant mais plein de tristesse et de compassion.  
1606V3-david-et-Goliath.jpg
Le cardinal Borghèse a bien reçu le tableau qui est toujours aujourd’hui à la galerie Borghèse, mais, bien sûr, il n’a pas envoyé la grâce.
 C’était une façon de tenir l’artiste en dépendance et d’obtenir peut-être de sa part d’autres chefs-d’œuvre !
 Caravage meurt 4 ans plus tard, le 18 juillet 1610, après une longue errance. La grâce lui sera accordée quelques jours après sa mort !...
(à suivre...)
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