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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain barré
Publié dans : #Léa et le terminal du port au bois (feuilleton)

Léa était encore un peu déstabilisée mais en même temps elle se sentait très émue. Avant toute autre réflexion elle se raccrocha à une idée : faim, faim, ils ont faim ! elle avait toujours dans son sac à main tout un tas de choses plus ou moins utiles, il était toujours plein à craquer. Un jour lors d’un stage d’entreprise, ce genre de stage que Léa n’aimait pas, un peu « psy » destiné soi-disant à souder une équipe, le formateur avait demandé aux participants de « vider leur sac », mais pas seulement au sens figuré… Cela avait commencé par le sac de Léa, et tout le monde, dans l’entreprise, en rit encore. Il contenait un bric à brac incroyable : Une bombe antiagression, trois petits mouchoirs bien pliés marqués aux initiales de sa grand-mère, deux tubes de rouge à lèvres, un mini-tube de désodorisant, des chewing-gums sans sucre faisant effet de dentifrice, un portefeuille avec les papiers de la voiture, les papiers d’identité, des cartes de crédit, les doubles de tous les  papiers importants dans une pochette en plastique, les clés, les doubles des clés, des photos de sa chatte Bérengère, des photos du chien, de la famille, un pilulier avec des extraits de plantes contre le stress, la fatigue et l’insomnie, trois flacons d’huiles essentielles censées vous sauvez de toutes les maladies de l’hiver, une carte de visite d’un ostéopathe, d’un vétérinaire, un jeu du tarot de Marseille, etc., et…. Trois barres aux céréales vitaminées en cas de coup de pompe ! Elle les sort aussitôt, en donne deux à Yao et une à son père.

-          Il faut prévenir la police !...

-          Non, madame, j’ai pu quitter mon pays grâce à la complicité de personnes qui exercent encore des responsabilités au pays. S’il y a enquête, c’est elles qui seront en danger.

Comme Léa ne répondait pas, il insista :

-          Vous savez madame, c’est la guerre civile dans mon pays. Ils ont tué ma femme et le reste de ma famille n’est pas à l’abri de représailles. Ils s’en sont même pris à un journaliste français !...

Léa avait déjà entendu parler des évènements qui se passaient dans cette lointaine Afrique mais à vrai dire, contrairement à son patron, elle ne s’était jamais vraiment intéressée à la politique. Maintenant, cette rumeur lointaine de l’agitation du monde, qu’elle entendait vaguement à la radio, venait jusqu’à elle et il lui fallait choisir, prendre une décision sur le champ... Elle comprenait une chose, ces deux personnes lui semblaient en grand danger et le sort de ce petit garçon lui paraissait inacceptable. Elle sentit une main prendre la sienne. C’était celle de Yao. Il tenait sa barre vitaminée d’une main et avait pris celle de Léa avec l’autre. Il enfourna le reste de la barre dans sa bouche et, tout en continuant de mâchonner, il entoura les hanches de Léa de ses deux bras. Il posa la tête sur son ventre et fit mine de s’endormir, puis il lui jeta un regard plein de confiance.

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