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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain barré
Publié dans : #Léa et le terminal du port au bois (feuilleton)

Léa apprécie qu’il s’excuse. Elle ne lui en veut pas. Il est un peu « chiffonné » ce matin. Il a dû se coucher tard. Ah, ces damnées réunions politiques… Depuis qu’il s’est lancé dans cette aventure, il est moins présent à son travail et manifestement plus agité, plus stressé…

-          Ce n’est rien, je vous en prie. J’attends seulement depuis cinq minutes, dit-elle d’un ton conciliant, alors qu’elle est là depuis un bon quart d’heure ...

-          Allons voir M Gauffret, le commissionnaire de transport. Vous avez le dossier ?

Bien sûr, Léa avait le dossier. Ce n’était pas la première fois qu’elle venait sur le port autonome. Elle avait d’abord été un peu surprise et désappointée par ce paysage industriel, mais avec le temps elle avait appris à l’apprécier. De vastes espaces, en bord de Loire : Des grues à l’allure dégingandée, des cargos qui n’ont pas l’aspect prestigieux des bateaux de croisières, et des plateformes où s’entassent les grumes ou des pièces de bois sciées et déjà un peu usinées. En amont l’on distingue Nantes, la zone portuaire et, sur la droite, les abords de Trentemoult. En aval on remarque surtout l’arc imposant du pont de Cheviré. À l’arrière s’étend la ville de Rezé dont la vocation maritime est ancienne puisque le port de Ratiatum était déjà actif, à l’époque gallo-romaine. Vue d’ici, la Cité Radieuse construite par Le Corbusier dans les années cinquante, ne semble pas vraiment mériter son nom. Elle se découpe sur l’horizon comme une imposante masse grise surmontée par un curieux parallélépipède : l’école maternelle, idée géniale s’il en fut ! On distingue toutefois des couleurs vives, sinon radieuses, à l’intérieur des balcons.

Accompagnés du commissionnaire, ils commencent à inspecter la livraison. Des grumes de diverses essences en provenance de Côte d’Ivoire. Elles ont été stockées dans un coin reculé de la plateforme. Léa sort son parapluie. Elle essaie d’abriter son directeur qui marche au pas de course. Ils arrivent presque à l’extrémité du terrain. Au-delà s’étend un paysage de lande, peu hospitalier. Un vieux caddy traîne, une carcasse de voiture, des bouts de tôle ondulée soutenue par des piquets et qui forment une sorte de cabane… Léa détourne le regard, elle se dit qu’elle n’aimerait pas se trouver là, toute seule la nuit. Une de ses relations, un médecin lui a raconté qu’il avait été appelé dans cette zone un jour, pour constater un décès : Un cadavre carbonisé dans une voiture, un règlement de compte de la pègre locale !...

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