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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain barré
Publié dans : #Récits

La « tuerie » du cochon rappelle beaucoup de souvenirs aux lecteurs de ce blog. J’ai reçu ce mail qui donne de précieuses informations sur la façon dont cela se passait au pays de la rillette.

 

« La tuerie du cochon se passait une fois l’an et réunissait mes parents, mes grands-parents, le voisin (tueur à ses heures), les enfants de la maison et le cochon ! L’animal était traîné jusqu’à son « peloton d’exécution ». L’arme ? une sorte de pistolet plutôt efficace et sans appel ! Il n’avait pas le temps de dire « ouf » et s’écroulait d’un coup au sol, pesant de tout son poids ! Ensuite c’était le moment de la saignée : des litres et des litres de sang destinés à faire du boudin ("était-il bon l’an passé ? Faut-il y mettre plus ou moins d’oignons, de persil ?...") L’âme du cochon était déjà loin et petit à petit, la confiance revenue, je me rapprochais de ce tas de chair chaude et dégoulinante et j’assistais alors à la mise en morceaux pour la fabrication des rillettes (notre spécialité, en Sarthe ).

 

Je me revois avec la machine à saucisses, tournant la manivelle une, deux ou trois fois avant de faire faire des tourbillons au boyau pour séparer les saucisses qui devaient être toutes bien régulières !...

 

Le meilleur moment : le jour J+1. Mon grand-père était devant un grand chaudron, une cuillère de bois à la main (un bâton d’un bon mètre) qu’il tournait, tournait des heures entières pour ne pas laisser brûler (cela aurait été indigne de la confiance que tout le monde lui accordait !) Oreilles, queue, pattes tourbillonnaient parmi les morceaux de chair coupés en carré réguliers…de longues heures pendant lesquelles les parfums s’exhalaient et s’affirmaient petit à petit… Et l’on arrivait enfin à la dégustation des rillettes encore toutes chaudes sur des morceaux de pain épais car les rillettes, ou plutôt « les rilles », ça dégouline encore plus que les confitures !!!... Et après ces moments fort gouleyant il y avait les jours J+2 et J+3, un peu moins réjouissants, où il fallait finir les dernières particules de chair qui restaient sur les énormes os !

 

Voilà comment ça se passait chez nous, les « cochonnailles ». Je me souviens encore des mains du tueur, toutes fines, étrangement décapées. Il m’intriguait par cette façon presque distinguée de faire son travail. Il me faisait penser à un chirurgien…

 

Un proverbe de cette époque me revient à l’esprit : « Tuerie en novembre, rôtis en décembre ! »

 

Merci à cette lectrice d’apporter sa contribution à cet évènement qui a rythmé la vie de nos campagnes pendant des siècles. Je remarque au passage que dans certaines régions l’on dit « tuerie » et dans d’autres « tuaison ». Peut-être s’agit-il d’atténuer la brutalité du terme en utilisant une forme moins connotée ? Aujourd’hui, pour des raisons d’hygiène l’abattage à la ferme n’est plus possible. Depuis peu il en va de même pour l’abattage des moutons lors de la fête du sacrifice des musulmans, l’aït el Kébir.

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