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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain barré
Publié dans : #ppp (Petite Psychologie de Poche

Comment inciter des jeunes hommes, qui n’ont pas d’autres soucis que de s’occuper d’eux-mêmes (bonjour Tanguy http://www.amazon.fr/Tanguy-%C9dition-DVD-Charles-Gassot/dp/B00005TSXV ), à se décentrer de leurs propres satisfactions pour passer un nombre important d’années de leur vie à s’occuper d’une autre, leur femme, et du produit de cette union, leur(s) bébé(s) ? Et comment inciter des jeunes femmes qui n’ont qu’elles-mêmes à porter et à supporter, à consacrer 9 longs mois de leur vie à porter et à supporter la vie d’un autre (sans compter leur conjoint), puis de longues années à s’en occuper d’une façon intensive et exclusive au détriment de leur propre santé et de leur propre sécurité ?

 

C’est carrément mission impossible, et pourtant ça marche ! Et les garçons « enterrent » leur vie de garçons et les filles (depuis quelques années) enterrent leur vie de jeunes filles bien profondément pour qu’elle ne revienne pas de sitôt et avec beaucoup de gaieté même si cela est mêlé d’un peu d’amertume !

 

Pour nous engager dans ce processus qui à première vue est au désavantage complet des individus, l’évolution, depuis plusieurs millions d’années, nous a doté de mécanismes extraordinairement puissants. On résume ces mécanismes sous un seul nom  « l’amour », mais en réalité ils comportent plusieurs étapes : séduction, amour romantique et attachement.

 

Ces mécanismes sont destinés, dans un premier temps à nous procurer une intense sensation de bonheur quand on est en présence de l’autre, à nous concentrer sur lui, à ne voir que ses qualités et à ignorer ses défauts, à ne plus pouvoir imaginer l’avenir sans lui… Cela est très bien résumé par une chanson connue dans le monde entier « La vie en rose » : http://www.paroles.net/chansons/23694.htm . Donc nous voilà équipés de lunettes roses, lunettes qui virent aussitôt au noir dès que nous sommes séparés de l’autre ce qui nous incite à rechercher sa présence de nouveau et ainsi de suite jusqu’à l’union totale ! L’objectif de l’évolution est évident :  tout faire pour consolider l’union pour qu’elle incite chacun à dépasser ses égoïsmes et prolonger sa vie par celle d’un enfant !

 

Le mécanisme comporte deux phases : une phase où la présence de la personne aimée nous fait entrevoir le paradis et l’autre où son absence nous met à la torture. C’est ainsi que l’on devient « accro » à l’être aimé. Du point de vue physiologique cela correspond dans notre cerveau à l’activation du système de récompense et à l’activation du système de punition. Ce système fonctionne grâce à des endorphines qui sont des morphines naturelles. Dans la nature, l’on connaît ces morphines, l’opium, extraites du pavot, depuis au moins 6000 ans. Les drogues comme la morphine utilisent le même circuit que celui de l’amour, activant le système de récompense et le système de punition. Quand leur effet cesse, elles induisent un état « de manque » cruellement ressenti (analogue au manque de la personne aimée). Les autres drogues, alcool, haschisch,… avec diverses nuances et particularités, fonctionnent suivant les mêmes principes élémentaires de récompense/punition.

 

Remarque essentielle : ce n’est pas l’amour qui fonctionne comme une drogue, ce sont les drogues qui sont une pâle imitation de l’amour ! Le drame des drogues provient du fait que ce sont des « paradis artificiels » et qu’aucune sortie de la dépendance n’est prévue alors que dans le cas de l’amour une issue naturelle est prévue : l’attachement. Le feu intense qui dévore les amants pendant la phase de séduction et d’amour romantique va durer quelques années, le temps de faire un enfant et de lui donner (ainsi qu’à sa mère) une certaine capacité d’autonomie, mais pendant ce temps un autre processus se met en place sous l’impulsion d’une hormone : l’ocytocine. L’ocytocine est l’hormone de la maternité : elle provoque les contractions de l’accouchement et les montées de lait, mais elle provoque également et maintient la création d’un lien durable entre les amants. Je ne parle,ici, que de l’aspect physiologique des choses mais l’aspect relationnel (la qualité de la relation entre les deux amants) va, bien sûr, jouer un rôle tout aussi essentiel, mais c’est une autre histoire ou plutôt d'autres histoires, que l'on retrouve dans la vie quotidienne, dans la littérature, la poésie, le cinéma…

 

Il n’y a pas de drogué heureux… oui dans le sens où, comme pour l’amour, l’effet magique (le rush) s’épuise avec le temps (accoutumance du système de récompense) mais pas l’effet du manque (système de punition) qui reste toujours aussi fort. La sensation de manque, contrairement à celle de plaisir, est prévue, dans la nature, pour durer. Sa fonction est de nous inciter à rechercher la présence de l’autre jusqu’à l’union, la fusion, l’acte sexuel fécondant. Comme d'habitude ce sont les poètes qui en parlent le mieux : "plaisir d'amour ne dure qu'un instant, chagrin d'amour dure toute la vie..."). Dans le cas des drogues, on « ne conclut » jamais donc, inexorablement, avec le temps, l’enfer l’emporte sur le paradis artificiel !...

 

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