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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain barré
Publié dans : #ANGELO t'allait si bien ! (feuilleton)

Il y a près d'une semaine, j'étais assis à la terrasse d'un café où je m'installe parfois quand il fait beau, pour lire ou pour écrire. J'ai surpris le regard d'une femme encore jeune, qui me regardait avec insistance. Je lui ai dit bonjour et je l'ai interpellée :

- Vous attendez quelqu'un, vous cherchez quelque chose ?

- Non, excusez-moi, a-t-elle répondu un peu gênée... Il était assis là... à l'endroit où vous êtes,... et parfois les souvenirs reviennent, continua-t-elle en poussant un gros soupir. 

- Qui était assis là ?

- Lui, Angelo... enfin je veux dire... Enfin maintenant tout cela n'a plus d'importance. Il est reparti... il est peut-être mort maintenant murmura-t-elle, au bord des larmes...

Intrigué, je l'invitai à ma table, lui offrit un café et, comme mon métier habituellement, est de soutenir les gens en détresse, je lui demandai si elle pouvait m'en dire plus. Elle a hésité quelques instants puis elle a commencé à me raconter son histoire qui avait débuté il y a deux mois environ. Pour respecter une certaine confidentialité, je tairai son nom, je l'appellerai Léa et je ne donnerai pas de renseignements susceptibles de l'identifier, mais je crois que son aventure vaut la peine d'être contée. La voici telle qu'elle me l'a livrée au cours de cette soirée et des quatre ou cinq qui ont suivi.


Elle était donc installée à la terrasse de ce café, à la table qu'elle occupait précédemment et Angelo était assis à la place que j'occupais moi-même. Elle commença :

« J'avais bien remarqué ce bel homme au type méditerranéen qui me regardait de temps à autre furtivement par-dessus ses lunettes noires. Je n'avais pas vraiment prêté attention à lui jusque-là. Je m'étais assise à la terrasse d'un café en sortant du bureau et je savourais cette fin de soirée d'une chaude journée de juin. Il faisait chaud, très chaud même, l'air était lourd et le ciel commençait à se couvrir de gros nuages d'orage. J'avais encore en tête les mots d'impatience que m'avait adressé mon directeur devant le retard que prenait le service comptabilité alors que la paye allait tomber, des impayés qui s'accumulaient et l'obligation qui se profilait de faire encore un emprunt et de négocier avec les requins de la banque pour régler la fin du mois ! Je me sentais démunie, désolée, prête à tout faire pour aider mon directeur que j'aimais bien, que j'admirais et peut-être un peu plus que cela?

Bref, j'avais bien besoin d'un verre pour me changer les idées. Personne ne m'attendait à la maison sauf ma chatte Bérengère, une chatte ultra gâtée qui s'ennuyait un peu toute seule depuis que son vieux compagnon, Phox, un gros toutou doux comme une peluche que ma soeur m'avait confié il y a quatre ans, était mort. J'avais moi-même vécu douloureusement cette perte. Je ne pensais pas que l'on puisse s'attacher autant à un animal. C'est pour cela que je n'avais jamais protesté quand ma soeur m'avait demandé, à plusieurs reprises, de prolonger le séjour de l'animal. Non, rien d'urgent ne m'attendait à la maison et, je m'en souviens très bien, je m'étais même demandée, tout en sirotant mon Schweppes citron si je ne devais pas téléphoner à mon patron pour lui proposer des heures supplémentaires ou même aller travailler ce soir au bureau?

J'en étais là de mes réflexions quand j'ai surpris le regard de ce beau méditerranéen assis à une table un peu en retrait. Je lève les yeux, nos regards se croisent.

Il se lève, son verre à la main, et se dirige vers moi...

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