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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain barré
Publié dans : #PORNIC

J’arrive après… le dernier, la petite église est pleine à craquer. Plus un endroit pour se mettre ! Même la porte qui donne accès au curieux clocher, sur le côté de la nef et qui servit un temps de presbytère, est occupée par trois têtes qui se tordent pour ne pas louper le spectacle. Un des organisateurs me propose gentiment de m’asseoir dans le chœur, derrière les musiciens. L’on voit de dos les musiciens et l’on entend les instruments d’une manière inhabituelle comme si l’on était aux manettes d’un enregistreur en studio.

 

 

On perçoit les sons différemment, avec clarté mais d’une manière plus mécanique et le moindre défaut est apparent. Le trompettiste passe d’une trompette à l’autre sans perdre de l’éclat et des nuances de son jeu (il utilise, en particulier, une minuscule trompette « piccolo », inventée par Maurice André, c’est d’ailleurs la première piccolo de ce génial trompettiste). Le flûtiste, sans sono, emplit la salle des chaudes et humides sonorités de son instrument. L’organiste déclenche le tonnerre des grandes orgues avec son orgue électronique. La chanteuse est habillée d’une superbe robe conte-de-fée, vert sombre, serrée à la taille et qui s’évase comme une tulipe renversée. Ses épaules sont entourées d’un large bandeau semi rigide qui lui donne de la grâce et de la majesté. Elle porte des petits souliers en fil d’or évidemment (ou quelque chose de très approchant !)

 Etre placé dans le chœur, non seulement vous situe au cœur de l’action mais vous permet également de voir la salle avec le regard des musiciens ! Beaucoup de têtes chenues, quelques enfants, certains plus sages que moi d’ailleurs, d’autres pas ! Chacun a sa manière d’écouter : certains sont tassés sur leur chaise en bois, d’autres s’étalent, croisent les bras, l’air plus ou moins sévère, certains sourient, battent la mesure avec leur tête, regardent les musiciens mais aussi le sol, en l’air, leur voisine. Il ya ceux qui ferment les yeux pour mieux entendre et ceux qui ont fermé les yeux mais qui n’entendent plus rien déjà depuis un certain temps…Un petit suce son pouce, une jeune fille qui a relevé ses beaux cheveux avec un bandana, la tête en appuie sur son coude, semble rêver…

 Entracte, un petit panier passe de mains en mains. On y dépose des pièces ou un billet. L’argent servira, nous dit-on pour une œuvre humanitaire… Pendant l’entracte, une chauve-souris se décroche de son encoignure et commence à voler sous la voûte de la chapelle. Elle ne nous quittera plus jusqu’à la fin du concert.

 La chapelle a été au moyen-âge un haut lieu défensif de la baie de Bourgneuf. Elle est située sur une butte et flanquée d’une motte qui renforce son caractère protecteur. Le maître hôtel est orné d’un retable de style baroque avec des colonnes de faux marbre et des volutes en stuc. Sur un fond du plus joli bleu ciel, on voit le christ en croix, Marie et Saint Jean à ses pieds. Le plâtre a cédé et Jésus n’est plus raccroché que par ses moignons. Il paraît ainsi plus pathétique dans ce décor de couleurs gaies et vives et un peu grandiloquent.

 Fin du spectacle, tout le monde a la banane et les spectateurs applaudissent de bon cœur. Pour terminer en beauté, les artistes  font chanter la salle.

 Non, non, comment résister aux Mercredis de Prigny ! Et l’on se prend à rêver qu’ils durent toute l’année. Hélas, de ces mercredis-là, il n’y en a qu’en été !

 Avis aux amateurs, mercredi prochain (30 août), musique des Andes avec le groupe KANTUTA.

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cão 24/08/2006 17:10

 
Au travers des fils à courriels,
la banane a trouvé une place
entre mes deux esgourdes.
 
Est-ce seulement possible que ceci soit déjà fini ?
 
jl

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