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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain barré
Publié dans : #alain barré

Elle est belle cette petite église perdue dans la campagne parmi les vignes. Départ avec ½ heure de retard (voir Post Scriptum en bas de page), une demie heure de bouchon, quelques petits détours non prévus que le GPS aurait peut-être permis d’éviter s’il n’était resté au fond du sac ! Des arceaux de bambous ornent l’entrée de l’église et sont du plus bel effet, Nous arrivons juste pour voir Anne et Alain rentrer dans l’église… La petite église du village est pleine à craquer… plus de place…tant pis pour la cérémonie…En passant j’ai vu Richard. Il est resté dehors et veille, près de sa fille endormie sur le siège arrière de l’auto. Il est attendrissant dans son rôle de papa poule. Nous discutons un moment…C’est bientôt la sortie, les photographes sont juchés sur des chaises pour ne pas louper la photo du siècle… les portes s’ouvrent en grand, les mariés apparaissent rayonnants et souriants…les flashs crépitent, les boîtiers reflex font retentir un gros déclic, les nombreux numériques tenus à bout de bras un petit tit-tit, les grains de riz voltigent, les applaudissement crépitent, on s’embrasse, on sourie, on se congratule, on est content d’être là… mais tout à coup les feuilles des bambous s’agitent frénétiquement : une bourrasque terrible se déclenche, la pluie se met à tomber…. Anne accroche-toi à ton bouquet ! et les uns sortent les parapluies que le vent retourne, d’autres se réfugient sous les arbres qui bordent l’allée, certains regagnent l’église, se plaquent contre les murs en tenant leur chapeau, s’engouffrent dans les voitures, s’abritent la tête sous une veste légère ou même sous un sac à main. En quelques secondes, le travail de dizaines de salons de coiffures a été mis à mal et les chevelures bien ordonnées sont toutes ébouriffées, les voiles de tulle et autres soieries faceillent dans le vent comme des voile de bateau…

Pas de panique mesdames, vous êtes très belles ainsi et cela vous donne un petit air de liberté bien plus sexy… A preuve, la belle chevelure noire d’Anne qui ondule dans le vent et la robe de mariée qui moule sa longue silhouette…

Ouf, enfin nous trouvons protection, à proximité de l’église, dans la maison du marié, sous une grange à l’ancienne, avec des grosses poutres de châtaigner assemblées par des chevilles de bois. Le vin d’honneur est prêt : un Anjou moelleux qui vous réconcilie avec la vie, et de la brioche vendéenne parfumée (à la fleur d’oranger ?). Enfin on peut prendre le temps de se parler…Le plaisir d’une grande réunion de famille, comme celle-ci (nous sommes près de deux cents !...), c’est de se retrouver pour un évènement joyeux alors qu’il arrive souvent que l’on ne se voit plus que pour des deuils. Quel plaisir de redécouvrir quelqu’un que l’on a perdu de vue depuis des années (parfois 30 ans). Françoise ne me reconnaissait pas tout d’abord. Moi j’ai reconnu tout à coup son regard… de beaux yeux qui m’avaient sûrement parlé lors d’une fête à Poupet , il ya très longtemps et qui s’étaient gravés dans mon inconscient ! Elle a bourlingué depuis, Françoise, mariage avec un argentin, militantisme pour défendre les causes sociales dans les pays d’Amérique du Sud…le retour en France… l’expérience enrichissante, pour elle et pour ses enfants, d’un squatt… toujours impliquée dans des nobles causes, et maintenant l’apaisement mais encore intéressée par cette actualité du tiers-monde…  « C’est incroyable, me dit-elle, ce qui s’est passé au Brésil avec l’élection de Lulla !... Même s’il a beaucoup déçu les paysans sans terre à qui il avait promis l’expropriation des grands propriétaires… ».

Christian que j’avais vu tout petit est devenu père d’une fillette de deux mois et demi, un père heureux, ému, attentif !

Bruno a toujours le petit sourire malicieux qu’il avait enfant. Il se lance tout à coup dans un feu d’artifice de citations littéraires, d’analyses, de psychanalyse presque, de rapprochements audacieux entre des auteurs, des personnages, des mouvements artistiques… on n’a pas le temps de s’ennuyer, il avance comme un funambule sur le fil des idées et tout à coup, grâce à de spectaculaires transitions et sauts périlleux linguistiques, saute d’un sujet à l’autre à une vitesse folle. Parfois il me fait penser à Fabrice Luchini dont il a aussi le sourire…. Grande révélation, il avoue… c’est lui qui prenait les livres que je laissais chez « tante Lucienne », pour aller les lire, assis sur un rocher, dans la vallée de la Sèvre à Brocheton ou au Grand Moulin…C’est ainsi qu’il a savouré, me dit-il, « La chartreuse de Parme » et les aventures de Fabrice Del Dongo amoureux de Clélia, la fille de son geôlier…. (http://www.alalettre.com/stendhal-chartreuse.htm ) Bruno tu ne peux pas savoir comme cela m’a réjoui de t’entendre en parler. Tous ces livres, je les ai aimés et je les ai dispersés au fil des déménagements chez mes frères, sœurs, parents, amis et j’éprouve toujours un grand plaisir, quand je suis invité, à feuilleter quelques pages, retrouver une vieille annotation, un dessin, une photo… (Avis à tous ceux qui en détiennent : gardez-les chez vous ou distribuez-les à vos enfants, mais ne me les rendez surtout pas…)

Bonjour, également à Estelle, à Catherine, que je découvre, à Laurence, à Pascal, à Lise, à Marie-Claude, à Joseph, à Odile, à Jean-Claude, à Richard, Nathalie et à bien d’autres.. que je vois plus souvent mais pas assez à mon gré… Et à la maman de la mariée…Elle paraît tellement jeune que, sur les photos, on croirait voir deux copines !...

Je découvre Alain, le mari d’Anne, il est venu avec toute une délégation des Quat’z’arts, les Arts et Métiers, copains, copines et leurs enfants (il y avait bien encore une cinquantaine d’enfants, le soir, au dîner !). On les sent soudés, solidaires, attentifs les uns aux autres et toujours prêts à mettre l’ambiance.

On discute, on mange, on boit, on danse…Mais il se fait tard, les yeux commencent à papillonner, il va falloir allers se coucher…on se reverra encore demain pour un déjeuner à la bonne franquette. Une dernière danse, quelques bises et à demain... euh, à tout à l’heure…J’arrive au camping, il est presque 4 heures. Le vent qui a soufflé une partie de la soirée s’est calmé ? la pluie a rabattu les poussières, l’air est pur, cristallin. La voie lactée éclaire le ciel, on distingue parfaitement les constellations : Cassiopée, grande ourse, …les étoiles scintillent, on pourrait presque entendre « le frou-frou des étoiles » comme disait Rimbaud ! Nous sommes entourés de vigne, tout est calme… les feuilles des peupliers bruissent doucement….

Oui, vraiment, un beau mariage, merci Anne, merci Alain et merci à vos parents. - - - - - - -

Post Sciptum : Qu’a-t’on le temps de faire pendant qu’une femme prépare ses affaires ?

- De faire une partie de sa toilette (pas la douche, elle est occupée…)

- de faire la vaisselle du petit déjeuner

-d’aller vider la poubelle

- de consulter la météo de la journée et les heures des marées

- supprimer sans les lire les mails superflus de la messagerie et consulter les autres

- répondre à quelques uns…

- jeter un coup d’œil en passant sur l’histoire de l’art de Gombrich

- Regarder quelques photos du superbe numéro spécial de science et vie sur la chute de Rome

- Rêver quelques instants en contemplant le ciel

- S’accorder encore une minute à ne rien faire…

- recharger les piles de l’appareil photo, du balladeur MP3, du GPS, etc…

- écrire la chronique de ce blog…

J’entends du bruit, je sens que l’on s’agite du côté du salon, vite, vite, chemise, slip, chaussettes sont jetés précipitamment dans le sac. Vais-je emporter Gombrich, Pinker ?... Non, ce sont deux trop gros pavés pour deux malheureuses petites journées et qui vont être rudement bien occupées! Damned ! je crois que c’est moi qui suis en retard !… A demain

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