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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain barré
Publié dans : #alain barré

Je remercie Max de son passionnant commentaire. Il n’est pas facile de donner une longue réponse sur un blog . Je répondrai donc partiellement ici, et par petites touches, au fil des chroniques. Tout d’abord je dois dire que je suis d’accord avec de nombreux arguments de Max. D’autres me paraissent moins convaincants et même parfois franchement erronés, en particulier quand ils sont infléchis par une vision culpabilisante, qui revient à dire que tout le mal vient de nous les Européens, les Occidentaux, les affreux, responsables du « progrès » et des catastrophes qu’il entraîne ! Comme si le mal ne pouvait venir que de nous !

Pour moi, il ne s’agit pas, en réalité d’une discussion sur les « bienfaits de la colonisation », je laisse cette appréciation aux historiens et aux peuples de chacun des pays concernés, mais plutôt sur le rôle de la violence dans l’histoire. En ce sens les « guerres coloniales » sont d’abord, des guerres ! Il est vrai que ce ne sont pas des guerres entre deux puissances rivales en compétition pour se partager des richesses. Le rapport de force est inégal, ce qui explique qu’il n’y ait pas de traité signé, mais le but est toujours le même : exploiter des ressources, s’approprier des richesses. Il me semble que les Perses, les Grecs, les Romains ont également agi ainsi (sans signer de traité) quand ils ne trouvaient pas de puissances structurées avec qui le faire. L’argument qui consiste à dire que les guerres de conquête avaient pour objectif d’apporter la civilisation aux autres me paraît secondaire et subordonné au premier (la guerre pour les ressources). Cet argument est mis souvent en avant, par exemple pour expliquer les conquêtes d’Alexandre le Grand mais aussi pour les guerres coloniales.

Quand je dis que les immigrés ont une envie irrépressible de venir chez nous, Max répond que cela ne reflète que l’évidence que les pauvres sont attirés par la richesse et il donne en exemple que « la plupart des habitants de la Grande Bretagne ou des Pays Bas ont envie de s’installer sur la Riviera ». Pour les immigrés il en irait de même et donc cet argument ne prouverait rien ! Pour moi la comparaison n’est pas valable. Les immigrés que je connais et ceux dont j’ai lu les témoignages ne viennent pas « chercher le soleil » sous nos climats, ils fuient la misère, l’oppression ou la guerre (y compris l’oppression des femmes par les hommes). On ne se précipite pas sur des fils de fer barbelés, au péril de sa vie, pour gagner un petit plus par rapport à une vie déjà confortable, mais pour fuir une situation intolérable ! Quand la situation s’améliore dans ces pays, les gens ne cherchent plus à fuir ! L’exemple en est fourni, à contrario, par la Chine qui autorise maintenant ses habitants à faire du tourisme à l’intérieur du pays (ce qui est déjà extraordinaire pour un régime où le seul tourisme de masse pratiqué jusqu’alors était l’envoi des élites intellectuelles en rééducation à la campagne -voir le beau film : « Balzac et la petite tailleuse chinoise »), mais aussi à l’extérieur ! Loin de moi l’idée de soutenir que la Chine soit un modèle de démocratie. La dictature du parti en place freine même l’évolution (pourquoi soutient-on si peu les démocrates de cet immense pays ?...), mais on n’y meurt plus de faim, par millions, comme autrefois et, malgré la dictature, les touristes chinois en voyage à l’étranger ne font pas de difficultés pour revenir dans leur pays. On peut en dire presque autant de l’Inde qui vit sous un régime politique moins arbitraire que la « dictature démocratique » du PCC , et qui connaît elle aussi un beau développement ? Misère, oppression et guerre seraient-ils le fait des seuls Européens dans le monde entier ?

 

Par contre, l’argument que « les structures sociales, institutionnelles et culturelles traditionnelles » aient été détruites à l’occasion de la colonisation, me semble en partie vrai. En partie seulement, quand on veut installer un élevage de crevettes au Cameroun, par exemple, cela ne devient possible que s’il y a accord des chefferies concernées. Un autre exemple, un mariage n’est vraiment un mariage que s’il y a cérémonie traditionnelle, le mariage à la mairie ne suffit pas ! Par ailleurs, je ne crois pas que ce soit les Français qui aient imposé la polygamie dans certains de ces pays ni nombre de coutumes traditionnelles !! Toutes les cultures traditionnelles n’ont pas subi le choc de la colonisation et du modernisme de la même façon. Certaines, comme les vieilles cultures de l’Inde ou de la Chine ou du Japon ont très bien résisté et la Turquie, après son écroulement, suite à la première guerre mondiale, s’est redressée d’une façon spectaculaire, en quelques années. Il me semble que les pays qui étaient déjà très structurés, grâce à de vieilles civilisations, surmontent l’épreuve. La colonisation, pour eux, a été un épisode dans une longue histoire. Pour eux , le choc le plus important a été celui du modernisme plutôt que celui de la colonisation. Ils s’en remettent si bien qu’ils seront peut-être les leaders du monde demain ! Dans les cultures qui étaient peu structurées, le double choc de la colonisation et du modernisme, a pris l’allure d’un séisme ! Il me semble que l’on oublie que ces pays dont on parle aujourd’hui, n’existaient pas en tant que structure étatique à l’époque de la colonisation. Ils sont en train de se construire, se débattent entre les rapports de force des tribus, des ethnies et les nombreuses langues parlées. Certaines de nos ex-colonies font référence à la culture et à la langue française pour se créer un cadre, d’autres font plutôt référence à la langue arabe (qui connaît pourtant de nombreuses variantes d’une région à l’autre) et à la charia. Cela me paraît être plus leur affaire que la nôtre, dans un cas comme dans l’autre, mais je remarque que, pour être politiquement correct en France, il est de bon ton de critiquer l’influence française mais pas l’influence arabe. La charia et les codes tribaux seraient-ils donc d’origines si divines qu’il faudrait jeter le code civil aux orties ? Comment réparer les torts commis par nos états ? D’abord en recherchant et en faisant connaître la vérité historique (pour cela le rôle des chercheurs locaux et français ainsi que la mémoire des habitants de ces pays est nécessaire ; le film qui vient d’être primé à CANNES y contribuera peut-être ?). Il y a t’il des mesures d’une « bonne gouvernance » mondiale à prendre ? Peut-être ? Les choses ne me paraissent ni si simples ni si claires que cela. « Primum non nocere », d’abord ne pas nuire, serais-je tenté de dire car je remarque que les pays qui se développent le mieux le font en dépit ou contre nos conseils (souvent intéressés) et sans notre contrôle (l’Inde, par exemple a pris son essor depuis qu’elle a abandonné toute référence à l’Union Soviétique).

Non, Max, il n’y a pas de justification au fait « qu’un état prenne le pouvoir sur un autre » mais il y a des explications ! Chercher à comprendre ne signifie pas justifier. Je pense qu’il est erroné de laisser croire qu’il y a une puissance du mal, un peu comme dans « la guerre des étoiles » ou « la trilogie de l’anneau » qui manipule tout et partout. La violence et la guerre font partie du lot commun de toutes les sociétés humaines et les massacres continuent allégrement sans nous. C’est le cas actuellement au Darfour (et l’intelligentsia altermondialiste française s’en fout : pensez donc, le bourreau est un état islamique qui massacre une population indigène chrétienne et animiste!), idem il y a peu en Algérie et au Rwanda, sans compter le million de morts lors de la guerre Iran/Irak ! Je conteste l’attitude qui consiste à dire que tout ce qui vient de la civilisation occidentale, et de la France en particulier, est mauvais. J’aime mon pays et j’aime sa culture malgré ses défauts. Patience, notre civilisation finira par disparaître comme toute civilisation, et cela peut survenir plus vite qu’on ne le pense. Peut-être alors commencera-t’on à la regretter ?

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nico 05/06/2006 19:58

Je suis d'accord avec toi, on critique beaucoup la france pour son passé coloniale et en parallèle, la traite des noirs. Je pense qu'il n'y a pas de bon et méchant et que tous cela est bien compliqué : exemple : les pays du tiers monde ont bénéficié du colonialisme au niveau des technologies et pourtant au lieu de saisir l'opportunitée d'apprendre à se servir des machines, ils préfèrent (les dirigeants africains) garder l'argent pour eux personnellement. De meme il ne faut pas oublier que les premiers organisateurs de la traite des noirs sont les noirs eux memes. Quand on leur a donné la liberté certains noirs américains sont retournés en afrique et ont pris le pouvoir au Libéria, et au lieu de faire avancer leur état, ils ont reproduits le système africain de classe privilégié. Le problème c'est que l'afrique n'est pas prete à recevoir la démocratie. Quand au tribalisme et aux cultures africaines, rien qu'au cameroun on compte 70 ethnies différentes et meme chez une ethnie comme les bamilékés il existe une dizaine de langue trés différentes. Ils utilisent l'anglais et le francais comme langue commune. Tous ces particularismes perdurent et ne disparaitront pas de sitot, demandez à ma femme camerounaise si elle souhaite abandonner ce qu'elle est, elle continuera à se raser la tete si quelqu'un qu'elle aime meurt.

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