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  le blog alain Barré

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Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain barré
Publié dans : #alain barré

Un ami, Max me soutient que la colonisation a été un désastre pour les pays colonisés. Que les gens auparavant vivaient mieux, qu’ils avaient trouvé une harmonie, qu’ils avaient résolus les conflits avec leurs chefs, à leur manière, et que nous sommes venus déstructurer leurs sociétés, exploiter leurs terres à notre profit sans que cela ne leur rapporte rien. Pour ma part, j’observe la situation aujourd’hui et je constate l’envie irrépressible de nombreuses personnes du tiers-monde de venir dans nos pays industrialisés, y compris pour ceux que nous n’avons pas colonisés (voir le très beau livre de témoignages de Ada  GIUSTI : « mais pourquoi ne retournent-ils pas chez eux ? Des immigrés racontent »). Je me dis que la vision de Max est idyllique. Tout était-il si beau dans les sociétés avant la colonisation ? Les meurtres, les conflits, les animosités, l’exploitation des faibles par les puissants n’existaient-ils pas ? En réalité ils étaient aussi dévastateurs, sinon plus, que ce que nous connaissons aujourd’hui (l’injustice, les meurtres entre tribus, ce que l’on appellerait aujourd’hui la criminalité, étaient même plus importants que dans les pires de nos cités, y compris aux USA). De la même façon, la vie dans nos propres pays, avant l’industrialisation, ne me paraît pas si idéale que cela. Quant à la vie dans des temps plus reculés, dans l’Antiquité, à l’époque romaine par exemple, elle ne me paraît pas enviable non plus. Je crois qu’il vaut mieux être ouvrier, ici et aujourd’hui, qu’esclave à cette époque et là-bas !

Alors faut-il absoudre le colonialisme ? Il avait des illusions civilisatrices (auxquelles CLEMENCEAU ne croyait pas), elles ont servi, dans la plupart des cas, à masquer la volonté d’exploiter les ressources de pays vulnérables et sans industrie, comme toute guerre de conquête depuis les temps antiques. En ce sens, le colonialisme est condamnable. Il met en évidence ce fondement naturel des rapports entre les pays et les cultures : la loi du plus fort. Que les rapports de force existent entre les groupes humains (et bien avant l’apparition de l’agriculture, il y a dix mille ans), cela ne signifie pas qu’on doive les approuver. De la même façon nous n’approuvons pas la violence qui est en nous, mais on ne peut pas faire comme si elle n’existait pas ! Faire de cette guerre de conquête une marque d’infamie des civilisations occidentales me paraît être une erreur. Les guerres coloniales représentent, avant tout, la forme particulière qu’ont pris, dans nos sociétés occidentales industrialisées, les rapports de violence entre les groupes humains. La liste de ces violences est longue, interminable, dans toutes les sociétés de toutes les époques, et demain elle prendra peut-être d’autres formes où les Occidentaux seront les victimes ?. Ce n’est pas l’occident en soi qui est un grand Satan, c’est la violence qui est au cœur de l’homme et au cœur de toutes les sociétés humaines. Il y a-t’il quelque chose à faire ? Oui, d’abord cesser d’encourager les dirigeants corrompus de nombre de ces pays, et leur foutre la paix quand les peuples les renversent et mettent à la place un nouveau pouvoir, même si ce sont des intégristes (voir ce qui se passe avec le Hamas en Palestine). Nous avons ainsi déployé beaucoup d’efforts pour maintenir le FLN pourri jusqu’à la moelle en Algérie, Moubarak et sa clique en Egypte, le roi du Maroc et les quelques pourcents de la population à sa solde qui possèdent l’essentiel des richesses de ce pays (qui reste ainsi sous-développé malgré ses richesses) ! Nous essayons de les maintenir au pouvoir, toujours pour les mêmes mauvaises raisons, celles de nos propres intérêts. Mais quand des changements interviennent dans ces pays, comme en Inde, en Chine, au Brésil, changements que nous n’avons pas maîtrisés, cela semble nous gêner beaucoup (y compris et surtout les intellos de gauche et altermondialistes de tous poils). Le colonialisme était-il une mauvaise chose ? Oui, il était une mauvaise chose, la guerre aussi, la violence qui est au cœur de l’homme encore plus. Il est nécessaire de reconnaître nos torts. Mais l’autoflagellation sur ce sujet me semble être une jouissance perverse (c’est ce que l’on dit du masochisme) et stérile. La France et l’Allemagne, qui se sont fait plus de mal que la France n’en a fait à ses colonies, se sont réconciliées quelques dizaines d’années après deux guerres abominables. La voie à suivre va dans cette direction car si la violence est dans le cœur de l’homme, la compassion et la solidarité aussi.

Ada GIUSTI : mais pourquoi ne retournent-ils pas chez eux ? des immigrés témoignent. Edition Le Pommier, 23 €. Vous pouvez le trouver à votre médiathèque ou chez Amazon, à l’adresse suivante, sur internet, pour 21,85€, frais de livraison inclus :

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