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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain barré
Publié dans : #TURQUIE

Dans le roman « Neige » du prix Nobel turc Orhan PAMUK, le héros se pose toujours la même question : « Est-ce que Dieu existe ? ». La question est fausse et mal posée, elle ne peut appeler qu’une réponse toute aussi faussée. L’existence est un mystère, elle restera toujours un mystère et les sciences n’ont pas la prétention de le résoudre. Quand on pose ainsi la question de l’existence de Dieu on suppose que ce mystère est déjà résolu et résolu d’une façon qui nous est familière : par une personne toute puissante. Nous projetons dans la question ce que nous connaissons de la vie : l’existence au-dessus de nous d’un chef absolu. Dans ces conditions, la réponse ne peut-être que dans l’acceptation aveugle de ce chef ou dans le refus tout aussi aveugle.

Avant l’existence des royaumes et des empires, la question du mystère de l’existence ne devait sûrement pas se poser de cette façon ! Les religions chamaniques, par exemple, nous donnent une idée de la manière dont nos ancêtres essayaient de communiquer avec les forces mystérieuses de la vie. Longtemps après l’apparition de l’agriculture et des royaumes qu’elle rend possible, les hommes ont continué de croire dans ces forces : celles qui permettent à la vie de croître, d’essaimer, de s’aimer, de détruire,….

La supposition d'un dieu omniscient, qui voit tout, qui sait tout et qui pèse nos actes correspond à l’image des dirigeants omnipotents des empires : pharaons qui sont en même temps des dieux, empereurs et rois de droit divin,…. Elle nous paraît naturelle, mais elle ne l’est pas. Elle est datée et n’a pas plus de vérité que celles qui l’ont précédée et que celles qui la suivront !_neige-pamuk.jpg

Le héros de Orhan Pamuk, Ka, se débat dans ce piège, seul avec sa conscience mais aussi avec les islamistes religieux, politiques, et les jeunes femmes du village de Khar, qui veulent porter le voile et dont plusieurs se sont suicidées. Il nous apprend ainsi beaucoup sur le coeur de l'homme et sur les problèmes qui agitent le coeur de la société turque actuelle.

Ka et tous ces personnages en recherche d'un absolu, sucitent notre sympathie parfois et notre pitié souvent. Ils semblent ignorer que le propre d’un mystère est d’être insoluble et que l’on ne peut que se torturer à vouloir le résoudre. On peut aussi, hélas, torturer les autres pour leur imposer les croyances qui adoucissent nos doutes. L'’honneur des êtres pensants que nous sommes n'est pas la croyance mais d’accepter que le mystère subsiste !...

Ces réflexions occupent les 200 premières pages du roman sans le rendre pesant car elles font partie de l'intrigue : rencontre des jeunes filles voilées qui se révoltent, des pauvres qui cherchent une issue à leur malheur et se tournent vers l'islam, des déboussolés du marxisme qui recherchent de nouveaux maîtres,...Mais le roman d'Orhan PAMUK n'est pas que cela. Il recèle encore bien d'autres trésors...

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yves le con... spirateur 04/05/2008 15:37

.. Poser la question "Dieu" c'est du même domaine que "Qui avait-il avant avant ? "... Et si on veut faire dans le monsieur jesaitout : "C'était quoi avant le big bang ?"..Bon, pour question pour un champion, Alain, répondez à la question : "Et qu'y aura-t-il après la fin du monde ?"

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