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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain barré
Publié dans : #PePoPo (Petite Politique de Poche)

Les maoïstes ont fait l’apologie de la violence révolutionnaire affirmant qu’elle était justifiée puisqu’elle était exercée pour la « libération » du peuple opprimée par la bourgeoisie capitaliste. Cette glorification de la violence n’a pas été sans conséquence dans plusieurs pays d’Europe. L’Allemagne a connu les péripéties sanglantes de la bande à Baader et, l’Italie, les dérives tragiques des brigades rouges. La France a été relativement épargnée.mai68_06.jpg

On peut citer l’assassinat d’un ouvrier de Renaud Billancourt par un vigile puis, de ce même vigile, par des maoïstes, quelques enlèvements et des actions symboliques.

A cette relative sagesse, deux grandes raisons :

- Les militants de la gauche prolétarienne étaient des intellectuels, souvent des lettrés pour qui la violence était plutôt dans les mots que dans les actions. Leurs tracts étaient de vrais brûlots mais leurs têtes restaient relativement froides.

- Les militants marxistes-léninistes recrutaient, eux aussi, surtout chez les intellos et ils étaient bien trop disciplinés pour se livrer à des actes incontrôlés. L’heure n’était pas à l’insurrection, la priorité consistait à faire lever le « ferment révolutionnaire » dans les masses !...

Par ailleurs ils étaient tellement occupés à s’engueuler les uns les autres, à se diviser, à scissionner, à créer une nouvelle fraction d’une fraction (comme les autonomistes corses encore aujourd’hui) qu’ils n’avaient pas le temps de commettre des attentats !

 
Toutefois, le sens du spectacle de certains « maos » était tel qu’un accident finit par arriver. Le 25 février 1972 les « maos » organisent un commando à l’usine Renault Billancourt. Le coup est soigneusement monté. Le photographe de l’agence Libération est là. Après une harangue révolutionnaire, les maos chargent les vigiles avec les manches de leurs drapeaux transformés en gourdins. Un vigile sort son arme et leur intime l’ordre de reculer. Pierre Oveney, qui n’est plus ouvrier chez Renault depuis quelques mois mais qui y travaillait avant d’être renvoyé, refuse d’obtempérer. Il continue d’avancer. Le vigile lui tire une balle en pleine poitrine. Pierre Overney meurt quelques instants après.

Les dirigeants « maos » n’avaient pas prévu cette riposte. Ils sont effondrés. Les voici affrontés à la vraie violence, celle qui est rouge comme le sang !

Ils auront la sagesse de ne pas faire monter les enchères. 200 000 personnes assisteront à l’enterrement de Pierre Overney. Cela marquera à la fois l’apogée et le déclin des maoïstes de la Gauche Prolétarienne dont le mouvement sera dissous. Mais leurs idées se répandront partout dans les associations, les syndicats, les mouvements sociaux divers…

L’extrême gauche a, pour l’essentiel, échappé à la violence mais elle l’a théorisée, encouragée et, d’autres, beaucoup moins lucides l’utiliseront pour des actes insensés. C’est le cas, par exemple, du groupe « action directe » dont l’un des fondateurs vient d’obtenir la semi-liberté, en décembre 2007, après 20 ans d’emprisonnement…

Les leçons et la théorisation de la violence par les maoïstes de 68, n’ont sûrement pas été perdues pour tout le monde. Des activistes s’en inspirent encore aujourd’hui et pas seulement en France…

Pour en savoir plus sur l'histoire et le rôle des maoïstes français je vous recommande l'ouvrage d'un journaliste et professeur à l'institut d'études politiques, Claude BOURSEILLER : les maoïstes, la folle histoire des gardes rouges français, éditions Points, 8€. Passionnant comme plusieurs romans en un seul, bien documenté et écrit dans un style qui n'a rien à voir avec celui d'un tract !

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