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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
L’art enjeu de controverses esthétiques, théologiques et de luttes impitoyables pour l’argent et la gloire !
Le procès intenté par Baglione contre Caravage est caractéristique des relations de concurrence entre les artistes de cette époque. Caravage est l’étoile montante. Les commandes qui affluent vers lui privent certains de ses concurrents de marchés juteux. Les médias n’existant pas comme aujourd’hui, ce sont les poètes qui jouent le rôle de critiques plus ou moins intéressés (comme aujourd'hui). Ils encensent, par leurs vers, certains artistes et démolissent les autres !
En septembre 1603 un procès opposant Baglione à Caravage eut lieu. Baglione à qui Caravage avait ravi la commande de « l’amour vainqueur », répliqua par un  »Amour divin » où il essayait de disqualifier et ridiculiser son adversaire en s’accaparant sa « manière » (clair-obscur) et en le peignant en satyre.
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Les amis De Caravage ripostèrent par des poèmes insultant pour Baglione qui traîna Caravage devant les tribunaux.

Caravage fut emprisonné en attente du procès (puis assigné à résidence grâce à l’intervention de l’ambassadeur de France).
Dans les sociétés de cette époque l’honneur est un bien précieux pour lequel il faut être prêt à risquer sa vie. Pas d’honneur, pas de commandes, pas d’argent !

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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
L'AMOUR VAINQUEUR (1602)
L’amour vainqueur est l’un des derniers tableaux profanes de Caravage. Il est intéressant à plus d’un titre car il est au cœur de plusieurs polémiques.
L’amour vainqueur est l’une des rares œuvres profanes peintes par Caravage pour un commanditaire privé. En l’occurrence un banquier à qui la famille du pape Clément VII devait des sommes colossales. Cela n’est pas sans importance pour la compréhension de cette œuvre étonnante.
Selon la tradition classique, reprise en particulier par Virgile, « l’amour triomphe de tout ». On le voit ici, de façon ironique et amusée détruire et soumettre à sa jeune vigueur les symboles de tout ce qui représente le génie le plus élevé de l’humanité : la musique, le dessin, la littérature, l’architecture, la politique,
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Le jeune Amour est représenté presque debout, comme s’il glissait d’un siège. D’une main il tient des flèches (les flèches de Cupidon), l’autre est bizarrement tournée derrière lui ?... Sous les fesse de l’Amour apparaît un globe dont les étoiles son traitées à la feuille d’or. Le globe étoilé représente les armes de la famille du pape. Il a été ajouté à la demande du banquier. La conclusion est stupéfiante ! Des documents d'époque incitent à penser que ce tableau devait évoquer sans aucune hésitation pour les visiteurs admis à le contempler (il était habituellement recouvert par un rideau) que le charmant garçon était en train de faire ses besoins sur le globe !
 Le tableau est donc une insulte faite à la famille du pape par un banquier qui n’arrive pas à récupérer son argent !!! Le rire moqueur du garçon prend alors toute sa signification.
Il est traité dans un style très réaliste qui devient la marque de fabrique de Caravage. ( Pour la petite histoire, on a retrouvé des documents qui montrent que les ailes de l’amour ont été prêtées à Caravage par un autre peintre, Gentileschi. )
Ce réalisme n’empêche pas Caravage d’introduire des références esthétiques. La posture de l’amour est ainsi inspirée par celle du Saint Barthélémy du Jugement dernier de Michel-Ange.
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Elle rappelle également celle des statues des Eros antiques.
La suite de l'histoire est étonnante et révélatrice de la concurence sauvage à laquelle se livraient les artistes romains de l'époque. Ce tableau suscita une jalousie féroce de la part d’un autre peintre, Baglione, qui ambitionnait de devenir le peintre officiel de la famille du banquier. Pour concurrencer et tenter de dénigrer Caravage, il peignit pour le frère du banquier, un « amour divin » faisant des remontrances à l’amour terrestre. Le personnage de l’amour terrestre était le même que celui du tableau de Caravage et le diable ou le satyre avait les traits de ce dernier. Baglione s’accapara la méthode de Caravage et peignit en clair-obscur. La meilleure défense étant l’attaque, il traîna ensuite Caravage en justice, l’accusant de l’avoir copié !
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Après la mort de Caravage, Baglione, subjugué par le génie du disparu, devint son biographe et fut à l’origine des calomnies qui ternirent sa gloire pendant plusieurs siècles !... 

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Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
Saint Jean-Baptiste (1602)
En 1602, Caravage peint un saint Jean Baptiste qui a été l’objet de nombreuses méprises par les commentateurs modernes. Nombre d’entre eux en ont fait une interprétation psychanalytique et homosexuelle.
Les analyses récentes, resituant ce tableau dans son époque, montrent un ensemble très élaboré de références théologiques et artistiques à Michel Ange, Annibal Carrache.
Par ailleurs, on sait que Caravage tenait compte souvent de l'emplacement futur de son tableau. Là où il était accroché à l'époque, il permettait à son propirétaire de voir, de sa fenêtre, des statues de jeunes garçons du même style et qui faisaient écho au st Jean Baptiste !
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Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait

LA CAPTURE DU CHRIST (1602)

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Judas trahit son maître, le Christ, et le désigne aux soldats venus le capturer, en lui donnant un baiser. Le tableau est peint en demi-figures dans un format horizontal ce qui permet de se concentrer sur l’essentiel de la scène.
 Le Christ se soumet à la volonté de dieu. Ses mains aux doigts croisés prennent appui sur le bas comme si elles repoussaient la tentation de fuir !
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Cette soumission est rendue d’autant plus évidente qu’un apôtre, dont on voit le visage juste derrière celui du Christ, s’enfuit affolé. Son affolement est souligné par un morceau du voile de sa toge retenu par les mains d’un soldat et qui vole au-dessus des têtes.
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Caravage s’est peint lui-même dans le tableau, en porteur anonyme d’une lanterne qui vient éclairer la scène. Variante du clair-obscur, pleine d’une signification symbolique sur le rôle de l’artiste. L’artiste est celui qui « perce-voit ». Il voit au-delà des apparences et éclaire la réalité pour les spectateurs. Vieux débat, toujours d’actualité et qui battait déjà son plein à l’époque de Caravage. 
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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #Autres VOYAGES

 Suite de la série des portes photographiées par Claude Barré dans la région d'Albi.

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Montricoult-village : maison de pisé d’allure bien délabrée, vraisemblablement habitée, porte et vantaux bien usagés ! Remarquez aussi les plantes et fleurs posées au mur et sur des supports variés !

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Cordes-sur-ciel : dans la vielle ville, la boutique d’un antiquaire. 

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Albi-vielle ville : Porte cochère massive d’un hôtel particulier. Remarquer l’aspect clouté, les deux panneaux séparés d’un montant vertical. Le heurtoir est constitué d’une tête de lion entourée d’un serpent qui se mord la queue, "ourobouros" des grecs anciens qui représentaient ainsi le cycle éternel de la nature...

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Bastide Najac : Comment entre-t-on dans la maison ? Le feuillage court et s’immisce,  la  passiflore recouvre les fenêtres.

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Bruniquel : porte à double panneau haut-bas. Le chat en a fait son perchoir !

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Bruniquel : pas une porte mais aussi en bois… une charpente rayonnante dans le château de Bruniquel.

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Village Brousse : dans un jardin…. Un épouvantail ! Une oeuvre quasi-artistique, l’efficacité se doit d’être maximale !

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L’Isle sur Tarn : deux boutiques des années 40-50 au seul usage….publicitaire ! nostalgie de ces boutiques aux odeurs …


Merci à Claude Barré pour ce voyage de porte en porte, dans le pays albigeois !

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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #Autres VOYAGES

 Certains rapportent de leurs vacances des photos de paysages, de monuments. Claude Barré a choisi un angle original pour ses vacances dans la région d'Albi : des photos de portes, remarquables par leur style, l'histoire ancienne ou plus récente qu'elles racontent...

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St Antonin NobleVal, ruines : dans une petite cour, une ancienne entrée de maison sans doute cossue mais en ruines !

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Villefranche de Rouergue : dans une rue, la juxtaposition d’une porte –cave et de la porte d’entrée. Petite fenêtre éclairant sans doute l’escalier intérieur.

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Villefranche de Rouergue : Entrée d’une maison bourgeoise-hôtel particulier, place de la Fontaine

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Villefranche de Rouergue  : Porte massive, remarquer les panneaux en pointe de diamant cloutées mais … aux voussures presque alignées !

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Sauveterre de Rouergue : porte massive sculptée mais lourde. On peut remarquer que le bas n’est pas d’équerre et suit la pente !

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Sauveterre de Rouergue : entrée de maison refaite…apparemment abandonnée. Remarquer le fronton triangulaire pierre-ardoises au-dessus d’un fort linteau de pierre massive. La porte est coupée en deux dans sa hauteur. Seul le haut pourrait encore s’ouvrir vu les herbes mais…. la toile d’araignée laisse à penser qu'il n'y a pas eu de passage depuis longtemps !

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Sauveterre de Rouergue : double porte basse avec marches en creux et entrée de maison, porte très ancienne et modeste. Maison en colombages.

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Sauveterre de Rouergue : une porte massive à pointe de diamant centrale et l’aspect clouté tout autour. Remarquez le heurtoir haut placé, en partie supérieure. Le bois extérieur plus clair contraste avec les panneaux intérieurs et met en valeur l’ensemble

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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
Comme on le voit dans les tableaux de Caravage, la lumière est un élément essentiel de la composition. Elle laisse dans l’ombre ce qui n’est pas important et sort de l’ombre ce qui doit être vu. Les spectacles modernes procèdent de la même façon en utilisant un jeu d’éclairage puissant et modulable dont la lumière peut se concentrer grâce aux lentilles de Fresnel (comme pour les phares).
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Ce n’est pas  forcément le personnage principal qui est éclairé, mais plutôt celui ou ceux qui doivent transmettre l’émotion recherchée.
Cet éclairage laisse le plus souvent le fond nu ou indifférencié (fumées) renforçant ainsi l’impact de l’image. Souvent la présence d’un fond identifiable sur un tableau ruine l’effet de profondeur. C’est ce qui se passe pour beaucoup de photographie où l’objet principal est noyé dans les détails (à moins d’utiliser une grande ouverture et des objectifs spécialisés)
Cette source lumineuse, venue d’une improbable fenêtre située en haut et à gauche de la pièce, peut jouer un autre rôle plus symbolique dans certains tableaux de Caravage. Elle peut représenter la lumière divine, de la grâce ou de la foi qui vient sortir l’humanité des ténèbres.

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Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
Le repas à Emmaüs (1601)
Les commandes abondent ! En 1601, il peint pour un collectionneur privé, une première version du « Repas à Emmaüs », encore un autre chef d’œuvre !
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Ce tableau représente une scène des évangiles qui raconte l’apparition du Christ (après sa mort) à deux de ses disciples sur le chemin d’Emmaüs. Caravage retient la version où il est indiqué que le Christ apparaît « sous d’autres traits » et que les yeux des disciples « étaient empêchés de le reconnaître ».
Le moment décrit est celui où les yeux se décillent.
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Le disciple de droite reçoit cette révélation comme un choc qui lui fait écarter les bras comme pour se retenir quand on tombe à la renverse. Son mouvement nous englobe et nous interpelle en même temps. Remarquons au passage l’extraordinaire habileté technique de Caravage pour peindre ce personnage - les bras en particulier - dans une perspective écrasée, exagérant la taille de la main droite (dans une perspective respectée ou sur une photo, elle serait parue trop petite). MANTEGNA s’était déjà exercé (en 1480) à ce type de représentation avec une perspective raccourcie sur le corps du Christ. Il avait dû également augmenter considérablement la taille de la tête du Christ.
Mantegna aussi bien que Caravage ne sont pas des peintres « photographiques ». Ils n’hésitent pas à transformer la réalité quand cela leur permet de « peindre plus vrai ».
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L’autre disciple est presque de dos. La stupéfaction le fait bondir de sa chaise. Son coude « vient buter » sur le plan du tableau. La vigueur de cet effet est accrue par le tissu déchiré. On voit peu son visage, c’est son mouvement qui compte. Il est là pour servir d’exemple au spectateur et l’entraîner avec lui dans sa réaction émotive.
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La présence de l’aubergiste est massive. C’est le seul qui est debout. Il semble étonné et attentif à la scène qui se déroule sous ses yeux. Il représente les fidèles qui adhèreront à la religion du Christ par la suite. Son ombre se mêle à  celle du Christ pour la même raison.
Le Christ est représenté en position centrale comme dans la Cène de Leonard de Vinci. Il rompt le pain et le bénit, geste qui déclenche la reconnaissance chez les apôtres. Il est imberbe, comme sur les images des premiers temps du christianisme, représentation abandonnée depuis des siècles à l’époque de Caravage. Ce choix permet au peintre de rendre inhabituel le visage du Christ pour ses contemporains du 17e siècle et de se conformer à l’indication des évangiles qui précise qu’il apparaît « sous d’autres traits ».
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La table est garnie. On y voit le pain et le vin qui symbolisent l’Eucharistie, mais aussi une insolite corbeille de fruits en déséquilibre sur le bord de la table et un poulet.
Caravage a été pendant un temps le spécialiste des corbeilles de fruits. Il montre sa virtuosité en la réalisant. En l’installant en déséquilibre il incite, inconsciemment, le spectateur à percevoir un instant de rupture. Elle participe donc à la psychologie du tableau.
Le poulet fait partie des tables garnies dans la peinture d’Europe du Nord ou peut-être est-il là pour satisfaire aux préférences picturales du commanditaire ?

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