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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
Saint Jérôme écrivant,1606
St-Jérôme était, fin du 16e, début du 17e siècle, un personnage emblématique de la contre réforme. Au 4e siècle il avait traduit la bible en latin la rendant accessible aux érudits de son époque. Il était l’image du savant associant humanisme et religion. Caravage en peindra 6 versions dont 3 ont été conservées. La première version a sans doute été peinte à Rome, en 1605 (musée de Montserrat), avant le duel fatal qui l’amènera à fuir de ville en ville.
Le personnage qui a servi de modèle est le même que pour le St Pierre de la « Mort de la vierge, datée de 1605-06 également. Caravage utilisera souvent ainsi, d’une toile à l’autre, les mêmes modèles.
1605-st-jerome-montserrat.jpg
La version qui me paraît la plus intéressante est la seconde. Caravage, peut-être plus libre que dans la période de fuite incessante qui suivra, ose sortir du strict contexte religieux pour s’ouvrir à une réflexion humaniste.
 
1606-st-jerome-ecrivant-borghese.jpg
  La composition est étonnamment symétrique : deux crânes se partagent la lumière de chaque côté de la table. Le crâne fait référence aux peintures de « vanités » courantes à l’époque, destinés à rappeler que nous sommes mortels et que toutes nos prétentions sont vaines ! Notre vie ne tient qu’à un fil, elle est « un souffle léger, une vapeur éphémère ».
Tout semble mouvement fébrile dans ce tableau : la main de st Jérôme qui feuillette les pages de la bible, l’autre main qui s’apprête à écrire ou a tremper le calame dans l’encrier, la tête tendue vers le livre. Cela rend d’autant plus remarquable l’immobilité absolue du crâne !
La main qui tient la plume est orientée vers lui et dirige notre regard comme par inadvertance. L’orientation du crâne et de la tête du saint désignent un point, situé en avant et au milieu du tableau, à l’endroit précisément où se tient le spectateur. Cela n’est pas un hasard, l’artiste nous interpelle ainsi et nous renvoie à une question existentielle du même type que celle du Hamlet de Shakespeare : « To be or not to be ?... »1606-st-jerome-ecrivant-borghesed.jpg
Cette œuvre n’est donc pas qu’une iconographie religieuse, elle est également une grande œuvre humaniste qui nous pose la question : "Et toi, quel est le sens de ta vie ?"
J'en ai fait une reconstitution en essayant de me rapprocher de l'oeuvre de Caravage et surtout d'en retrouver l'état d'esprit .
1606-st-jerome-ecrivant_alainB.jpg

 

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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #PORNIC

 PORNIC a été habité par nos ancêtres néolithiques il y a 5000 ans comme en témoigne la dizaine de tumulus qu'ils ont laissés. Le mieux conservé est celui des Mousseaux. Non loin des Mousseaux, sur la commune de Sainte-Marie-sur Mer, un nouveau site archéologique a été découvert. 

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Il est plus récent et regroupe une succession de villages ou fermes qui s'échelonne de -1000 à +800._DSC_5142.jpg

- 1000 avant JC : des enclos funéraires de la fin de l'âge du bronze au début du 1er âge du fer. (Pas de restes humains dans les tombes car le terrain est trop acide)

- 300 avant JC : premiers enclos gaulois (limites en rouge)

- 100 avant JC : seconds enclos gaulois (limites en orange)

- 50 à 200 après JC : enclos gallo-romain (limites en vert)

- 800 après JC: enclos carolingien (limites en violet)

Les limites d'enclos sont marquées par des fossés dont les traces sont toujours visibles aujourd'hui : le sol est plus clair, comme on le voit sur les photos ci-dessous.

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Les marques des poteaux qui soutiennent les cabanes (et qui permettent de reconstituer les plans successifs des villages) se repèrent de la même façon. Sur la photo ci-dessous on remarque que les fouilles ne sont faites que sur un demi-cercle, laissant ainsi intacte l'autre partie.

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Des morceaux de vase à cuire gaulois ont été découverts...

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Mais le plus spectaculaire consiste en la découverte d'un lieu destiné à la petite métallurgie comme en témoignent les scories et les restes de terre brûlée.

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A l'occasion des journées du patrimoine, des bénévoles ont fait une démonstration de ce que pouvait être une petite forge à cette époque.

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Pas de village et pas de forge sans eau ! A côté de la forge se trouve un puits remarquablement conservé.

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On me dit que sitôt les fouilles terminées (fin septembre), le site serait rendu au promoteur et que tout serait détruit, y compris ce magnifique puits. On ne peut pas faire quelque chose pour le conserver ?

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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #PePoPo (Petite Politique de Poche)

 La situation est claire : nous sommes en pleine tempête et, au lieu d'unir ses forces pour piloter au mieux le bateau, les membres de l'équipage se battent pour savoir qui sera le capitaine. Deux grandes bandes rivales s'affrontent et quelques autres cherchent à s'immiscer entre elles pour tirer profit de la situation.

Pour ceux qui doutaient que la nature humaine existe, ils ont devant eux un bel étalage de l'une de ses composantes essentielles : le goût du pouvoir ! "Le bateau peut couler, cela n'est pas grave pourvu que j'en sois le capitaine !"

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L'équipe de droite a préféré régler ses (vilaines) petites affaires en famille et se présenter apparemment unie (Hmmm ! de temps à autre il y a bien du Villepin ou du Borloo qui fait désordre et des valises de billets qui s'égarent !). L'équipe de gauche a préféré jouer le jeu de la démocratie : on se présente tous sur le même rang, assis sur sa petite chaise - pas un n'est mis en avant plus que l'autre- et le temps de parole est compté, à la seconde près par une horloge démocratique !

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Le problème de la démocratie est la démagogie et les élèves de cette classe un peu particulière, n'ont pas dérogé à la règle. Le plus sérieux d'entre eux, Hollande, s'est fendu d'une promesse électoraliste :"Je vais embaucher 60 000 enseignants de plus !"AUBRY est toujours piégé par sa promesse de retour à la retraite à 60 ans et les autres ont tous évoqués des dépenses à venir mais peu ou pas des indispensables économies à faire. L'un d'eux m'a paru plus sérieux que les autres : VALS, un petit teigneux qui a du caractère et qui fera sûrement parler de lui (en bien me semble-t-il). Il serait sûrement, dans l'avenir, un bon adversaire pour son alter ego de droite : COPPEE ?...

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Mais nous sommes en pleine tempête et tout les candidats ont fait comme si nous étions en train de prendre une tasse de thé dans un salon...

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Personne pour rappeler que la France est menacée d'une dégradation de sa note financière et pour en expliquer les conséquences dramatiques.

Peu de voix pour dire que les grecs (état irresponsable) ne rembourseront pas leur dette et que la solution urgente consiste en une mutualisation des dettes au sein de l'Europe (eurobonds).

Des voix bien fluettes pour dire que par ces temps de tempêtes, il faut d'abord et avant tout réduire les dépenses. Certains socialistes prêchent encore la fable désastreuse de la "relance", c'est-à-dire dépenser plus en espérant en retire un bénéfice par la suite (on pourrait appeler cela le syndrome de Perrette et le pot au lait !

Certes il ne faut pas que les restrictions ralentissent tant la croissance que le pays entre en récession, mais le courage politique consiste à dire la vérité. Nous vivons au-dessus de nos moyens depuis plus de 30 ans et l'on ne peut pas vivre en augmentant sa dette continuellement (actuellement 85% du PIB).

L'avenir n'est pas rose, ni bleu, ni vert...il est sombre !

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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
La mort de la vierge, 1605-06
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La vierge meurt, entourée des apôtres et de Marie-Madeleine. Son visage est blafard, son ventre est un peu gonflé, ses pieds nus sont sales. Comme souvent, Caravage mêle vêtements antiques et vêtements modernes !
Elle n’entre pas dans une « dormition » idéalisée comme le voulait la légende et, après le bannissement de Caravage, ses ennemis firent courir le bruit qu’il s’était servi d’une prostituée comme modèle pour Marie, la mère de Jésus ! En réalité, il est fort probable qu’il ait pris une courtisane et qu’il ait typé son visage. La cabale finira par tellement décontenancer les « Carmes déchaussés » qu’ils refuseront le tableau au bout de quelques mois (Rubens qui était éblouï par le talent de Caravage, le fera acquérir aussitôt par le duc de Mantoue).
La scène représentée n’a en  soi rien de divin. C’est d’abord la mort d’une mère entourée de ses proches et chacun se laisse aller à l’expression de sa douleur. Seul le rideau un peu théâtral semble relever le niveau au-dessus du sort commun…
J’en ai fait une reconstitution en me limitant aux personnage eux-mêmes.
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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
La mise au tombeau
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Dans cette extraordinaire "Mise au tombeau", Caravage, fidèle à son principe de s'adresser autant à des gens dépourvu de culture artistique qu'à des esthètes très cultivés, fait référence, une fois de plus, au maître qu'il veut égaler : Michel-Ange et sa célèbre Piéta, datée de 1499.
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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
La madone de Lorette (ou madone des pèlerins), 1604-05
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Caravage utilise de nouveau la position caractéristique du cou de la madone !
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Il a l'audace de nous mettre sous le nez le gros derrière du pélerin et ses pieds sales qui "crèvent l'écran" ! Cette audace est payante et donne une force extraordinaire à la composition.

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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
L’incrédulité de saint Thomas, vers 1603 
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Ce tableau à été l'occasion d'une découverte extraordinaire, il y a quelques années, dans la petite ville de Loches ! On a retrouvé dans une église, 2 copies d'époque. Les discussions sont encore en cours pour savoir si Les copies ont été supervisées par l'artiste lui-même ou faites par un autre peintre. mais une chose est certaine, elles datent bien de l'époque de Caravage !

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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
Pendant cette période de 1600 à 1606, les chef-d’œuvre se succèdent !...
Le courronnement d'épines (1602-03)
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Remarquez la position du cou : la même que dans la Madeleine repentie et le repos pendant la fuite en Egypte...

 

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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #Poèsie et chansons d'ici et d'ailleurs...

 Je ne sais pas si on lit encore MALRAUX, l'auteur d'un remarquable roman prix Goncourt en 1933, "la condition humaine" qui raconte un épisode sanglant de la révolution chinoise lors de la prise de Shanghaï par les troupes de Tchang Kaï-Chek en 1927 ?

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Cet auteur prestigieux restera peut-être connu du grand public plus par le titre d'une chanson que par les livres qu'il a écrit ? En 2001, Alain SOUCHON a repris une phrase extraite du roman "Les conquérants" et en a fait le titre d'une chanson ainsi que le titre d'un album. Tout le monde la connaît : "La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie".

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Il l'a légèrement modifié, remplaçant l'article indéfini "une" par l'article défini "la", ce qui lui confère une valeur universelle. La phrase originale prononcée par Garine dans le roman "les conquérants" est : "Une vie ne vaut rien mais rien ne vaut une vie"

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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre les nombreuses querelles, altercations plus ou moins violentes, affaires avec la justice que Caravage aura jusqu’à la nuit fatale du 28 mai 1606.
- 24 avril 1604, il est accusé par un garçon d’auberge de lui avoir lancé à la figure un plat d’artichauts brûlants.
- En octobre et novembre 1604, il est incarcéré pour insulte à la milice urbaine.
- Le 28 mais 1605, il est arrêté pour port d’armes illégal.
- En juillet 1605, il est accusé par un notaire de l’avoir blessé d’un coup d’épée à l’occasion d’une querelle à propos d’une femme.
- En septembre 1605, il est accusé par sa logeuse (qui l’a mis à la porte) d’avoir démoli ses volets à coups de pierres.
- Le 24 octobre 1605, il est soigné pour une blessure qu’il s’est faite, soi-disant, en tombant sur son épée !...
1596 tête méduse02
- Aucun doute, Caravage a un tempérament violent, mais replacé dans le contexte de son époque et de son milieu, cela n’est pas vraiment exceptionnel. Le sens de « l’honneur » explique beaucoup de ces comportements qui étaient courants dans la noblesse de son temps, noblesse à laquelle Caravage aspirait comme celui qui semble lui avoir servi d’exemple en la matière et dans l’atelier duquel il a travaillé, le Cavalier d’Arpin (qui fut emprisonné également pour port d'armes illicites).

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