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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #PePoPo (Petite Politique de Poche)

Est-ce une nouvelle crise où la continuation de celle de 2008 ? C’est évidemment la continuation de celle de 2008 ! Les états, USA en tête (suivi par la France), ont essayé d'en atténuer les effets en injectant des sommes colossales dans l’économie (aggravant ainsi la dette). Cette mesure inspirée de l’économiste KEYNES a toujours eu la faveur des politiciens de gauche qui pensent que si on donne plus d’argent aux consommateurs, ils dépenseront plus et que cela suffira pour relancer la machine ! Cela marche parfois quand tous les autres indicateurs sont bons. Mais ce n’est plus le cas. Le redressement spectaculaire des économies de la Chine, de l’Inde, du Brésil, de la Turquie et de quelques autres pays, ont changé la donne. Les usines du monde ont changé de continent et les labos de recherche ne sont plus l’exclusivité de l’Occident !

L’Occident qui s’endettait (en France, depuis l’arrivée de Mitterrand au pouvoir et, par la suite avec tous les gouvernements qu'ils soient de droite ou de gauche), s’est endetté encore plus pour amortir les effets de la crise de 2008 et le remède keynésien arrivant au terme de ses effets illusoires, nous voici devant la cruelle réalité : nous vivons au-dessus de nos moyens et il va nous falloir accepter des  révisions déchirantes.

Certains à gauche pensent qu’il suffira de « faire payer les riches ». Bien sûr il va falloir les faire payer (d’autant plus que les inégalités se sont accrues), mais cela ne suffira pas ! Le monde est entrain de changer de base comme le clame le chant des révolutionnaires : « l’internationale » et cela ne plaît ni à la gauche ni à la droite.

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Dans ce changement nous devons nous refaire une place. Nous ne retrouverons plus notre prééminence mais il est essentiel de ne pas se laisser glisser….

Dans cette lutte, pour ne pas tomber, les batailles pour le retour à une retraite à 60 ans semblent parfaitement ridicules. A gauche, les plus sensés le savent bien, mais ils n’osent pas le dire à leurs électeurs. Chez les écolos on fait semblant d’y croire (ou, plus grave, on y croit dur comme fer !), mais une responsable de ce parti à tout de même émis dernièrement un avis discordant… A droite, on ne sait plus trop à quel saint se vouer tant on est surpris par l’ampleur de la catastrophe (et tétanisé par les perspectives électorales) !...

L’urgentissime pour le citoyen de base est de se rendre compte que le monde « a changé de base ». Ce que les anciens tiers-mondistes appelaient de leurs vœux est enfin arrivé, mais pas de la façon dont ils l'avaient espéré. Ces changements ne sont pas maléfiques en eux-mêmes et ils ne font que réparer des injustices, mais ils se font avec fracas, surtout pour ceux qui ont quelque chose à y perdre : les occidentaux, USA en tête.

Nous quittons l’ère du leadership occidental –américain - en particulier et l’avenir est incertain. Il est fort possible que ceux qui ont tant vilipendés l’impérialisme américain, souvent pour de bonnes raisons mais aussi avec beaucoup de mauvaise foi, finiront par le regretter.

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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
Tête de méduse, 1596
Ovide raconte dans ses Métamorphoses que Persée réussit à décapiter Méduse, l’une des Gorgones, que l’on ne peut regarder sans rester pétrifier sur place ! Pendant que Méduse se reflète dans le bouclier de Persée, celui-ci « sépare sa tête de son cou… ».
Le pouvoir magique que l’on prête à la tête de méduse explique qu’elle figure souvent, au XVIe siècle sur les boucliers de parade ou de tournoi, cela justifie également le choix, fait par Caravage, d’un panneau en forme de bouclier pour la peindre. C’est également pour ce dernier l’occasion d’une démonstration de sa virtuosité. Pour cela il s’est peint lui-même dans un miroir bombé, déformant ainsi sa propre image.
Le cardinal Del Monte passe commande de ce tableau à Caravage pour en faire cadeau à son ami Ferdinand de Médicis qui a déjà dans sa collection une tête de méduse réalisée par Léonard de Vinci. Caravage doit ainsi se confronter à la peinture de ce grand maître. Sa tête de Méduse est un succès et unanimement louée par les poètes de son temps ! (Elle est également l’un des tableaux préférés de jacques Attali qui en fait une présentation dans son ouvrage « Phares ».)
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Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
Le cardinal del Monte est un « honnête homme » doté d’une vaste culture non seulement pour ce qui est de la peinture mais aussi pour la musique. Il n’est pas étonnant que Caravage ait réalisé pour lui plusieurs scènes musicales., dont « le concert » et « la tête de Méduse »
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Le concert est encore un tableau de « demi-figures » suivant la mode lombarde. Caravage s’essaie, comme dans la diseuse de bonne aventure, d’abolir la distance entre les personnages et les spectateurs. La scène est à la fois allégorique et réaliste. La musique est un remède contre la mélancolie tout comme l’amour (le cupidon ailé et ses flèches), les raisins et le vin. La musique comme l’amour symbolise l’harmonie et la concorde, harmonie incarnée par le musicien qui accorde son luth au premier plan.
 
Mais ce tableau représente aussi une scène vivante : l’instant qui précède l’entrée sur scène avant la représentation, instant pendant lequel les musiciens accordent leur instrument, adoucissent  leur gorge (raisin) ou se concentrent (regard dans le vide, au-dessus des spectateurs du musicien, dans le fond, qui laisse pressentir un certain trac).
Il est fort probable que le musicien représenté en arrière-plan, soit Caravage lui-même, bien que tous les portraits soient stylisés à l’antique.

Du fait de la présence de ces musiciens efféminés, certains voient la preuve dans ce tableau de l’homosexualité de Caravage et même de celle du cardinal del Monte. Rien n’est moins sûr et cela n’a même pas effleuré l’esprit, en son temps, des biographes les moins bien intentionnés envers Caravage. Une interprétation homosexuelle du concert irait à l’encontre de l’interprétation allégorique et réaliste qui cadre parfaitement avec l’époque ! 

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Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
1595 : Caravage commence à se faire remarquer mais il ne connaît toujours pas la gloire à laquelle il aspire ! Son destin va prendre une nouvelle orientation quand il est accueilli chez le puissant cardinal Del Monte, ambassadeur du grand duc de Toscane et partisan d’un rapprochement entre la France et la papauté. Il doit sans doute cet honneur à la recommandation de Frédéric Borromée (cousin de Saint Charles Borromée artisan de la contre-réforme), parent de Costanza, la marquise de Caravaggio, mais aussi à un marchand de tableaux français dont la galerie est située prés de l’église Saint-Louis-des-Français.
Le prélat est un grand amateur d’art. Tout de suite il apprécie le talent de ce jeune artiste et il lui commande une fresque pour le plafond de sa maison de campagne près de Rome.
Caravage peint une fresque à l’huile (même technique que L de Vinci pour la Cène) sur un thème antique, représentant les corps dans une perspective en raccourci, du bas vers le haut, extrêmement complexe à réaliser.
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Jupiter, Neptune et Pluton, fresque de CARAVAGE pour le cabinet del Monte, villa
Boncompagni Ludovisi (autrefois villa del Monte), 1597
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(Détail de la fresque Jupiter, Neptune et Pluton)
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(Détail de la fresque Jupiter, Neptune et Pluton)
Il est possible que Dali, esprit baroque et grand connaisseur de la peinture italienne, se soit inspiré de la fresque de CARAVAGE pour celle du Théâtre-musée de FIGUERES ? 
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Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
Caravage réalise son premier tableau religieux, un saint François en extase, pour le baptème du fils d’un banquier qui s’appelait Pier Francesco. Le saint reçoit les stigmates dans un état d’extase mystique. Caravage choisit le moment non pas de la stigmatisation mais de la souffrance extatique que la vision d’un ange vient apaiser.1594-st-francois-extase.jpg 
La disposition des personnages rappelle celle de la piéta de Michel-Ange :  la vierge tenant son fils mort dans ses bras après la descente de la croix.
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Le mysticisme et l’érotisme se côtoient dans cette peinture sans que cela choque à cette époque (il en va de même dans les visions de sainte Thérèse d’Avila). C’est ce qui explique que l’ange ressemble autant à un cupidon qu’à un séraphin

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Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
Le jeune garçon mordu par un lézard, 1594-95
Caravage a 23 ans. Il a beaucoup d’ambition. Il a quitté l’atelier du cavalier d’Arpin qui lui a fait peindre des fleurs et des fruits. Il ne s’est pas longtemps contenté de cette situation subalterne auprès d’un peintre certes célèbre et brillant en son temps mais superficiel.
Il va faire preuve de la maîtrise de sa technique, de l’originalité et de la profondeur de sa réflexion artistique dans une œuvre étonnante : le garçon mordu par un lézard.
 Comme dans le Bacchus malade, il se prend de nouveau comme modèle archétypal (ce n’est pas la fidélité des traits qui est recherchée mais la création d’un modèle général) et se peint « dans le miroir » mordu par un lézard avec une expression où se mélangent la douleur et l’effroi. On est à mille lieux de l’idéalisation fade et de la bienséance du maniérisme qui règne à cette époque. L’instant, dans ce qu’il a de plus démonstratif, l’émotion, est représenté ici. Elle, est saisie dans son moment le plus intense, mélange de douleur et de frayeur. On dirait un instantané photographique avant l’heure !
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L'enfant mordu par un lézard, 1594, (sur l'original les couleurs sont plus vives)
A l’époque de Caravage, des images ou des contes mettant en scène un enfant mordu par un scorpion ou un crabe, sont courantes. La douleur soudaine infligée par l’animal était souvent utilisée pour mettre en garde contre les pièges de la séduction, mais une chose intrigue, l’animal choisit, un lézard, n’est pas venimeux et ne s’attaque pas à l’homme. En utilisant un animal inoffensif au lieu du scorpion, Caravage semble se moquer de cette admonestation morale. En même temps, il fait une allusion à une statue antique de Praxitèle redécouverte à Rome : l’Apollon sauroctone. Un Apollon au déhanchement séducteur qui s’apprête à tuer un lézard.
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Comme il le fera souvent, Caravage subvertit des images traditionnelles pour en faire une approche nouvelle (dans le style du conceptisme poétique qui cherche des effets par des rapprochements inatendus). Mais son tableau n’est pas seulement destiné aux esthètes. Il est susceptible d’une  compréhension à deux niveaux. Apte à séduire autant les gens dépourvu de culture classique que les esthètes cultivés qui étaient ses commanditaires.
Dans ce même tableau, Caravage, qui est un intellectuel et participe aux discussions sur l’art de son temps, essaie de prouver que la peinture est un art encore plus complet que la poésie ou la littérature réunies ! Il fait une démonstration éblouissante de pure technique picturale en peignant, sur un vase de fleurs, des effets optiques d’un réalisme saisissant. On voit ainsi une porte qui se reflète dans le vase et des gouttes d’eau qui perlent dessus.
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Caravage est-il un peintre figuratif dépourvu d’imagination et qui ne sait peindre que d’après nature, reproche qu’on lui fera plus tard ? On pourrait se dire au premier abord qu’il s’agit d’une peinture réalisée dans un style photographique alors, qu’en réalité, sa composition est pensée et fait de nombreuses références aux œuvres de l’antiquité et des grands maîtres du passé, Michel-Ange et L de Vinci en particulier.
Certains affirment qu’il rassemblerait des modèles pour les faire poser dans son atelier ? Cela est inimaginable quand on pense au 12 personnages de la mort de la vierge ou au cheval de la conversion de saint Paul ! Par contre, il a sûrement dessiné d’après nature de nombreuses fois, même s’il ne nous reste aucun de ses dessins préparatoires (il entretenait ainsi autour de sa méthode une sorte de mystère), puis il reportait ses dessins sur la toile en combinant les personnages et les objets. Les incises faites au manche de pinceau sur la toile servaient peut-être à une première approche de la mise en place lors de la réalisation du tableau final ?
Un indice sur le tableau du garçon mordu par un lézard vient conforter cette hypothèse : les reflets dans le vase d’eau sont parfaitement peints mais le point de convergence lumineuse que l’on devrait trouver au pied de la carafe est absent. Oubli ?... Il est fort probable que les dessins préparatoires de la carafe n’en comportaient pas et que le peintre n’en a pas mis dans le tableau final ?... Ce point de convergence n’est pas oublié par contre dans le repas à Emmaüs .
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Signalons enfin qu’une deuxième version a été réalisée vers 1596, peut-être par Caravage, en tout cas au moins sous sa direction. Contrairement aux deuxièmes ou troisièmes versions de ses propres œuvres que Caravage fera souvent en les améliorant, celle-ci est une simple copie exécutée avec moins de soin que l’original.
Il s’agissait donc simplement de rentabiliser son travail. De ce point de vue, on assiste avec Caravage, à la naissance de l’artiste moderne qui sait qu’il doit vendre pour vivre et pour créer. Il développe un style qui lui est propre, qui est sa marque de fabrique, et le protège en contrôlant et limitant les copies et en défendant une sorte de « copyright » envers les imitateurs, ce qui l’a amené, d’ailleurs, à un retentissant procès contre l’un de ses plagiaires effrontés, Baglione qui a gagné une fortune en s’accaparant la « méthode Caravage ». Baglione, contre toute évidence, accusera Caravage de plagiat !

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Publié dans : #PePoPo (Petite Politique de Poche)

Les agences de notation se trompent-elles ? Oui, mais pas plus que les profs qui notent les élèves ! La marge d’erreur dans un cas comme dans l’autre est importante mais, dans un cas comme dans l’autre leurs notes reflètent bien une tendance. Pour ce qui est de la note attribuée à la solvabilité des états, on peut penser qu'elle reflète, en premier lieu, une situation qui s’est dégradée depuis une trentaine d’années dans tous les pays occidentaux et, en second lieu, l'effritement de la résistance aux chocs répétés de la crise depuis 2008. Si en plus d’une dette qui s’est creusée jusqu’à atteindre 80% du PIB les perspectives de croissance sont compromises, on peut comprendre que ces agences soient sévères.

Les états occidentaux se sont endettés souvent pour de bonnes raisons (et aussi pour des mauvaises) : combler le « trou de la sécu », redistribuer des aides nombreuses et souvent justifiées, méprisant une règle pourtant élémentaire : « on ne peut pas distribuer impunément de l’agent que l’on n’a pas ! ». Arrive un moment où le prêteur demande des comptes. Tant qu’il a confiance dans les possibilités de développement du pays, il ferme les yeux, dès qu’il suspecte des difficultés (une croissance en berne par exemple), il cherche à augmenter ses taux d’intérêt (pour couvrir des risques qui augmentent) ou à retirer ses billes. Tous ceux qui ont eu à emprunter de l’argent où qui en ont prêté savent cela !

Le monde de la finance est-il en cause ? Il a profité de la situation, il a amplifié le désordre, mais il n’en est pas la cause. Doit-il être régulé ? Sûrement, mais pour cela il n’est point besoin d’un arsenal de loi, quelques unes suffisent. D'ailleurs, le marché lui-même est entrain de le mettre au pas et sans ménagement.

L’un des grands acteurs de ces bouleversements  a été le développement accéléré de nombreux pays, en particulier de la Chine provoquant d’une part un afflux de capitaux (surabondance qui aboutit maintenant à leur dépréciation) et, d’autre part, une délocalisation massive de l’industrie occidentale (ce qui entrave la croissance).

Peut-on compter sur des plans de relance de l’économie, c’est-à-dire emprunter encore plus pour relancer l’économie ? Cela a été tenté aussi bien par Obama que par Sarkozy sans qu’il y ait vraiment d’amélioration.

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Alors, que reste-t-il comme solution ? Diminuer les dépenses et augmenter - si l’on peut - les recettes. Cela s’appelle « l’austérité ». On aurait dû y penser plus tôt et ne pas avoir honte d’en parler en son temps, mais c’est un gros mot que l’on ne dit pas en période électorale et l’on est quasiment toujours en période électorale…Ou alors il faut le courage du chancelier (socialiste) allemand, SCHROEDER, qui a eu cette audace il y a déjà une dizaine d’années et qui, après avoir sauvé son pays n’a pas été réélu ! Il faut savoir que si l'austérité n'est pas discutée démocratiquement en temps utile, elle sera imposée et sanctionnera d'abord les classes moyennes, les retraités et les plus pauvres.

Pour que cette austérité ne s'accompagne pas d'une régression économique il est nécessaire que les instance de l'Europe acquièrent plus de pouvoir. On le voit, la tâche est extraordinairement complexe. Des dérapages nationalistes, que certain(e)s, de plus en plus nombreux appellent de leurs voeux, comme après la crise de 1929 sont, hélas, possibles !...

Sommes-nous prêts pour cela et existe-t-il en France des politiciens qui aient cette envergure ?

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Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait

 Vers la même époque, 1595-96, Caravage peint une autre scène du même genre que la diseuse de bonne aventure, où le comique de la situation est le véhicule d’une intention morale : les tricheurs

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De nouveau les personnages sont représentés en demi-figures. Leur expression est saisie sur le vif comme par un instantané photographique. Comme à son habitude, Caravage essaie de "faire sortir" l'image du cadre et d'établir une relation directe avec le spectateur. Pour cela il peint le comparse du tricheur de dos avec la main qui va chercher une carte derrière lui (c'est à dire, vers nous) et il pose un plateau de jeu en déséquilibre sur la table (comme s'il allait tomber vers nous).

Georges de la Tour (entre autres) reprendra ce tableau, en 1636,  insistant encore plus sur le jeu des expressions.

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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
En 1594, Caravage peint un tableau qui connaît le succès et sera souvent imité : la diseuse de bonne aventure .
Les gitans étaient déjà nombreux en Europe à l’époque de Caravage. Ils viennent du nord ouest de l’Inde mais l’imaginaire populaire leur attribue une origine mythique, en particulier égyptienne qui est à l’origine du mot gitan. Ils avaient la réputation de lire l’avenir dans les lignes de la main et l’on attribuait aux gitanes un grand pouvoir de séduction. Ils avaient également la réputation de commettre de petits larcins, ce qui était un péché, comme il était un péché de chercher de vouloir se faire prédire son avenir. Ils sentaient donc le soufre et le sentiment de transgression qu’ils suscitaient les rendaient d’autant plus attirants ! Ils étaient l’objet d’images, de contes, de pièces de théâtre. Il n’est donc pas étonnant que Caravage se soit intéressé à ce sujet.
Comme d’habitude, il ne va pas se contenter de peindre platement le thème. Il va le pousser dans ses extrêmes. La gitane est une séduisante jeune femme, bien habillée, alors que dans la réalité elles étaient en haillons. Elle est censée lire les lignes de la main du jeune soldat mais, au lieu de cela, elle le fixe dans les yeux d’une façon insistante. Le jeune homme prend cela pour une invite amoureuse et, lui aussi, ne la quitte plus des yeux !
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Pendant cet échange hypnotique de regards, la gitane qui tient avec une extrême délicatesse le poignet du soldat, subtilise son anneau en le faisant glisser avec son majeur, pendant que les autres doigts caressent la main pour faire distraction.
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L’amour, la tromperie, la séduction, la fatuité prise au piège, tous les éléments de l’imaginaire autour des gitans sont réunis dans cette petite scène de genre où les personnages deviennent le prétexte à une réflexion psychologique sur l’homme.
De nombreux artistes reprendront le thème en s’inspirant de Caravage (Simon VOUET par exemple) mais Caravage est le seul à dépasser l’anecdote pour en faire une scène d’une portée universelle.
Caravage lui-même fera une copie de son tableau en 1595. Les personnages sont plus grands et leurs expressions sont moins subtiles. Le premier est un chef d’œuvre qui nous parle encore aujourd’hui, le second est une scène de genre réussie.
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J’ai refait cette scène avec les élèves de l’atelier théâtre de la Communauté de communes de Pornic, chacun essayant d’exprimer, avec talent ,les sentiments des deux protagonistes. En voici deux photox (sur les 13 réalisées).
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Publié le par alainbarresfr@sfr.fr
Publié dans : #CARAVAGE - génie imparfait
Chez le Cavalier d’Arpin, Caravage fait la connaissance d’un autre assistant, Prospero Orsi qui l’introduit auprès de la haute société romaine. Il reçoit 3 commandes : 2 tableaux religieux et un profane.
- La Madeleine repentie
  - Le repos pendant la fuite en Egypte  
        - et la diseuse de bonne aventure.
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La Madeleine repentie est un thème courant à cette époque. Caravage s'attaque à sa première figure en pied. Il choisit un  cadrage très particulier : en plongée qui "écrase" ainsi le sujet et procure une sensation d'accablement psychologique. Chez Caravage, rien de superflu, tout doit viser à l'efficacité aussi bien le cadrage, la lumière que la pose, l'expression et l'habillement des personnages. Ici, le cou de la Madeleine est tendu comme s'offrant à la hache du bourreau, en signe d'accablement. Caravage reprendra cette posture dans d'autres tableaux comme chaque fois qu'il pense avoir fait une vraie trouvaille. Il se constitue ainsi une sorte d'alphabet de poses et de personnages qu'il réutilisera toute sa courte vie.
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Le repos pendant la fuite en Egypte, 1594
On retrouve cette position du cou pour la vierge Marie qui protège son enfant dans le tableau illustrant "le repos pendant la fuite en Egypte" pendant que Joseph, patiemment, tient une partition jouée par un ange à l'allure d'éphèbe antique.

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