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  le blog alain Barré

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Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain BARRE
Publié dans : #Ateliers d'artistes...
Pornic Rêv...isitée : Nadedja
Pornic Rêv...isitée : Nadedja

 Nous sommes en 1911, des dames sont arrivées par le train à la gare de Pornic. Des taxis de l'époque les attendent. Les taxis sont, en réalité, des petites charrettes tirées par un âne, dans lesquelles 2 planches ont été sommairement installées pour servir de siège. 4 dames y ont pris place. Deux d'entre elles discutent à propos d'une certaine Nadedja....

Pornic Rêv...isitée : Nadedja
Pornic Rêv...isitée : Nadedja

Nadedja  (dialogue Lucienne et Madeleine, été 1911)

  • Madeleine : Dans quel hôtel descendez-vous ?

  • Lucienne : A l’hôtel “le grand air”, et vous ?

  • Madeleine : nous n’allons pas à l’hôtel mais dans une villa prêtée par des amis, la villa Sainte-Anne.

  • Lucienne : Vous êtes gâtée, c’est une des plus belles villa de Sainte-Marie

  • Madeleine : Le “Grand air” n’est-ce pas l’ancien Hôtel de la plage ?

  • Lucienne : Oui, c’est devenu, depuis 1910, la colonie du parti socialiste. Mon mari en est un membre actif.

  • Madeleine : Moi vous savez, je ne fais pas de politique

  • Lucienne : Moi non plus,..Mais sans partager les excès des suffragettes, il me paraîtrait assez normal que les femmes aient le droit de vote  !

  • Madeleine : Si vous voulez savoir mon avis, laissons ces messieurs s’amuser avec la politique, tant qu’ils nous laissent le pouvoir à la maison !

  • Lucienne : (sourire poli)

  • Madeleine :  La conversation avec tous ces politiciens n’est-elle pas un peu ennuyeuse  ?

  • Lucienne : Détrompez-vous, on y trouve des gens de la bonne société, de Nantes, de Paris et même des étrangers !...

  • Madeleine : Des étrangers !...

  • Lucienne : L’an dernier j’ai passé des moments délicieux avec une dame venue de Russie, Nadedja et nous sommes mêmes devenues amies…

  • Madeleine : De Russie ! Incroyable, notre petit Pornic est donc connu dans toute l’Europe ! Je suis curieuse de savoir ce qui l’a attiré dans notre station ?

  • Lucienne : Elle est venue d’abord pour son mari qui avait besoin de repos….

  • Madeleine : Et l’a-t-il trouvé dans notre charmante station ?

  • Lucienne : Je le crois, mais cela n’a pas été facile. Le bruit, l’agitation, les fêtes, la musique, les mondanités, tout cela l’a-ga-çait. Je me souviens qu’ils avaient été également déçus par l’accueil de la colonie socialiste. “Les Français, disait mon amie, mènent une vie très fermée, chaque famille se tient à l'écart des autres, à l'égard des Russes on témoigne une certaine animosité.”

  • Madeleine : Et alors ?....

  • Lucienne : au bout de quelques jours, ils ont déménagé pour habiter chez des particuliers, des gens plus simples, de l’autre côté de la ria.

  • Madeleine : C’est dommage pour vote amie ?

  • Lucienne : Heureusement, nous avons continué à nous voir sans nous occuper de la mauvaise humeur de son mari.

  • Madeleine : Et cela n’a pas posé de problème ?

  • Lucienne : Non ! il était souvent à sa table entrain d'écrire. Parfois il tenait de grands discours enflammé en russe, avec un air fâché. Cela m’impressionnait beaucoup mais Nadedja m’a expliqué qu’il en voulait au tsar qui avait fait pendre son frère….

  • Madeleine : Quelle horrible chose ! Il voulait, sans doute, le venger….

  • Lucienne : J’adorais discuter avec elle. C’était une femme de tête, une institutrice, comme moi. Elle parlait et écrivait fort bien le français et l’anglais aussi ! Elle avait même traduit des ouvrages !....

  • Madeleine : C’était une vraie intellectuelle, dites-donc !...

  • Lucienne : Elle voulait tout savoir sur la façon d’enseigner dans notre pays… Moi-même je m’intéresse beaucoup à la pédagogie nouvelle. Elle avait des idées très novatrices. C’était une pionnière.

  • Madeleine : Cela m’aurait certainement fait plaisir de la rencontrer moi aussi. ..

  • Lucienne : Et remarquez que nos discussions sérieuses ne nous empêchaient pas d’aller à la plage. Son mari nous a même accompagné à plusieurs reprises…Il s’est baigné, puis il a passé son temps à grattouiller sous les rochers pour chercher des crabes. Il s’amusait comme un enfant ! Et puis nous nous sommes promenés le long de la côte jusqu’au casino de Gourmalon et au-delà….

  • Madeleine : Avez-vous gardé des relations avec elle ?

  • Lucienne : Hélas non ! nous avons échangé quelques cartes postales et puis au fil des mois le lien s’est distendu. Il est probable que nous ne nous reverrons plus et que je n’entendrai plus jamais parler d’elle ni de son grattouilleur de crabes de mari...

  • Madeleine : à ce propos, vous ne m’avez pas dit son nom ?

. Lucienne : Vladimir Ilitch Oulianov mais elle l’appelait tout simplement Lénine !.....

Pornic Rêv...isitée : Nadedja
Pornic Rêv...isitée : Nadedja
Commenter cet article

Yvette 09/10/2015 11:19

Véridique je suppose cette visite de Lénine, je n'en avais jamais entendu parler.
Bonne expo Alain, il fait beau aujourd'hui!

alain BARRE 09/10/2015 11:30

Oui, Yvette, Lénine et Nadedja sont bien venus à Pornic et les infos contenus dans ce dialogue imaginaire s'appuient sur des documents historiques.
ab

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