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  le blog alain Barré

le blog alain Barré

Un peu de poésie dans ce monde de brutes, un peu de réalité dans la poésie !

Publié le par alain BARRE
Publié dans : #PORNIC

Récit de Raymonde Loukianoff, épouse de Rostislaw Loukianoff, photographe à Pornic. Extrait d’un manuscrit daté de 1995

Photos : Danielle Métayer, Claudine Tramaux, Alain Sorin
Photos : Danielle Métayer, Claudine Tramaux, Alain Sorin
Photos : Danielle Métayer, Claudine Tramaux, Alain Sorin

Photos : Danielle Métayer, Claudine Tramaux, Alain Sorin

Dans la campagne autour de la ferme, Rostislaw avait entendu des soldats allemands parler... russe ! Sans aucune gêne, il s'était approché d'eux et avait engagé la conversation. En fait de soldats allemands, il s'agissait de prisonniers russes enrôlés dans l'armée allemande. J'ai appris depuis comment ils avaient été enrôlés : les Allemands les avaient parqués dans des camps où ils mouraient de faim. Puis, alors qu'ils étaient mourants, les Allemands leur avaient préparé un repas fabuleux  auquel ils n'avaient droit que s'ils s'enrôlaient. On leur promettait de ne pas les envoyer combattre d'autres Russes. Ceux qui n'ont pas cédé sont morts…

Rostislaw avait donc pris contact avec leurs chefs et en particulier avec le colonel Potiéreïka. Il n'avait pas eu beaucoup de mal à les persuader d'agir contre l'armée allemande et leur accord avait dû être quelque peu arrosé.

Quelques jours plus tard, il n'est pas rentré à la maison. Il est resté parmi ces Russes pour établir un plan contre les Allemands. Il passait la nuit avec eux. Il venait de temps en temps quelques minutes seulement à la maison. Un jour, je m'en souviens, il était accompagné d'un gradé russe qui parlait un peu le français.

Le 26 août, c'était la terreur dans Pornic. Les Allemands avaient mis le feu à la maison Pollono et sillonnaient la ville en armes dans des camions. Tous les habitants devaient se rassembler l'après-midi sur le môle en laissant les portes ouvertes. Je ne pouvais joindre Rostislaw qui ne m'avait pas révélé l'endroit exact où il se trouvait. Je guettais donc les quelques soldats russes que je connaissais. Par bonheur, je vis sur la place du Marchix le gradé russe qui arrivait

 Je lui ai appris la situation que nous vivions, en m'exprimant comme je le pouvais, en français avec quelques mots d'allemand et beaucoup de gestes. Il a compris que dans l'après-midi il se passerait quelque chose, m'a rassurée et est parti prévenir Rostislaw.

Photo 1 Claudine Tramaux : l'actrice Karène Merveilleux, puis photo Danielle Métayer, Alain Sense, Daniel Peneau
Photo 1 Claudine Tramaux : l'actrice Karène Merveilleux, puis photo Danielle Métayer, Alain Sense, Daniel Peneau

Photo 1 Claudine Tramaux : l'actrice Karène Merveilleux, puis photo Danielle Métayer, Alain Sense, Daniel Peneau

Dans l'après-midi, nous nous sommes donc rassemblés sur le môle. Les mitrailleuses étaient braquées sur nous. J'étais debout comme tout le monde, au premier rang avec mes enfants, Yannick à côté de moi et Boris dans son landau. Tout à coup j'ai aperçu deux des Russes que je connaissais. Ils arrivaient à cheval, s'arrêtèrent au niveau du bureau de tabac, observèrent ce qui se passait et repartirent. Plus tard, j'ai vu venir Rostislaw accompagné d'un soldat russe. Comme j'étais très en avant, il nous a vus tout de suite.

- Remonte à la maison, il n'y a plus de danger, me dit-il.

- Mais ce n'est pas possible...

Il m'a emmenée, le soldat russe a pris le landau de Boris et ils nous ont obligés à remonter les escaliers menant vers le haut de la ville. J'étais terrifiée, je pensais que l'on allait recevoir une balle à chaque instant.

Derrière nous, toute la foule nous suivit. Je ressentis un immense soulagement.

Rostislaw m'a expliqué que le colonel Potiéreïka était allé au casino auprès du capitaine Meyer pour lui ordonner de libérer la population. Il avait en effet un grade supérieur à celui du capitaine Meyer et celui-ci avait cédé. D'ailleurs les Russes étaient groupés non loin du cinéma St-Gilles, prêts à intervenir à la première alerte.

Nous avons reçu la visite au magasin, le lendemain ou le surlendemain je ne me souviens plus, du colonel Potiéreïka. Mme Guillet lui avait préparé un repas et nous avons fait des projets pour mettre en contact les Résistants de Pornic avec les Russes. Il s'agissait de MM. Gasse, Bracquemard, Raulic, Tessier et Denis, bien sûr, ainsi que d'autres…

photos : Alain Barré, Daniel Peneau, Alain Sorin, Alain Sorin, Alain Sorin
photos : Alain Barré, Daniel Peneau, Alain Sorin, Alain Sorin, Alain Sorin
photos : Alain Barré, Daniel Peneau, Alain Sorin, Alain Sorin, Alain Sorin
photos : Alain Barré, Daniel Peneau, Alain Sorin, Alain Sorin, Alain Sorin
photos : Alain Barré, Daniel Peneau, Alain Sorin, Alain Sorin, Alain Sorin

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